Godzilla Minus Zero regarde James Cameron pour viser plus grand

Le prochain film de Takashi Yamazaki veut faire comme les meilleures suites de James Cameron : garder l’ADN du premier, mais élargir l’émotion.

Godzilla Minus Zero
Image d'illustration. Godzilla Minus Zero — Toho Studios / PR-ADN

En bref

  • Takashi Yamazaki cite James Cameron comme modèle.
  • La suite miserait sur la famille, pas seulement l’ampleur.
  • King Ghidorah reste une piste non confirmée.

Faire une suite, le piège est connu. On croit qu’il suffit d’ajouter du volume, plus de destruction, plus de bruit. Takashi Yamazaki vise autre chose pour Godzilla Minus Zero, et c’est sans doute la meilleure nouvelle autour du film.

Une suite qui cherche son modèle au bon endroit

Le réalisateur, scénariste et artiste des effets spéciaux a expliqué regarder du côté de James Cameron, pas pour copier ses films, mais pour comprendre pourquoi ses secondes parties dépassent souvent les premières. Il cite en creux Aliens, Terminator 2 et Avatar: The Way of Water, trois suites souvent jugées au moins aussi solides que leurs originaux.

Son idée est limpide. James Cameron ne refait pas le même film en plus gros, il cherche un autre point d’accroche et creuse plus profond. Takashi Yamazaki le dit ainsi : « J’étais curieux de voir comment ses deuxièmes films surpassent les originaux à bien des égards ».

Le vrai changement ne serait pas le monstre

Oui, on peut s’attendre à une montée en puissance. Le parallèle saute vite aux yeux avec les grandes suites de science-fiction, celles qui ajoutent une menace plus imposante, un adversaire plus dangereux, une échelle plus large. Il circule aussi l’idée que King Ghidorah, ennemi classique de Godzilla, pourrait apparaître, même si rien n’est confirmé.

Mais ce n’est pas là que Takashi Yamazaki place l’essentiel. Pour lui, une suite réussie garde les fondations du premier film tout en prenant un angle légèrement différent. Bref, le spectacle compte, mais il ne suffit pas.

Koichi ne serait plus seul face au désastre

Dans Godzilla Minus One, Koichi portait un traumatisme très personnel. Ancien pilote kamikaze, rongé par la culpabilité après un moment de défaillance, il affrontait Godzilla comme on affronte une hantise. Le monstre fonctionnait presque comme la forme géante de sa honte.

Cette fois, le décor émotionnel change. Quelques années après la Seconde Guerre mondiale, Koichi est devenu mari de Noriko et père adoptif d’Akiko. Le centre du récit glisserait donc de l’individu vers la famille. Et ça change tout.

Pourquoi ce virage compte au-delà de Godzilla

Takashi Yamazaki insiste sur un parallèle précis : la reconstruction du Japon de l’époque ferait écho à la construction de la famille Shikishima. Là, on voit vraiment ce qui l’intéresse. Pas seulement les pas géants de Godzilla, mais ce qu’ils écrasent dans la vie de gens concrets.

Ce déplacement rappelle aussi ce qui faisait tenir Aliens et Terminator 2. Pas mal de scènes sont devenues cultes pour leur puissance visuelle, mais elles restent surtout en mémoire parce qu’elles reposaient sur des liens familiaux très nets, presque physiques.

Si Godzilla Minus Zero tient cette promesse, il pourrait faire ce que les meilleures suites font rarement. Agrandir le cadre, sans perdre le cœur. Et aujourd’hui, pour une franchise pareille, c’est probablement l’enjeu le plus intéressant.

Morgan Fromentin

Spécialiste Pop Culture

Depuis 2018, je décrypte l'actualité technologique ainsi que les dernières nouveautés cinéma et séries sur Begeek.fr.

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