En bref
- Wildwood est le premier Laika classé PG-13
- Travis Knight défend une violence jugée nécessaire
- Le film est déjà sorti au cinéma
Le vrai signal envoyé par Wildwood, ce n’est pas seulement sa bataille finale. C’est son PG-13, une première pour Laika. Pour un studio souvent associé à l’animation artisanale et familiale, ça change la lecture du projet, et pas qu’un peu.
Un cap inédit pour Laika
La MPA a classé le film PG-13 en invoquant de la violence fantasy marquée, des images sanglantes, des thèmes lourds, un contenu lié au suicide, un bref moment de nudité partielle et du langage. Ce qui ressort surtout, clairement, c’est la violence. L’un des moments du film est décrit comme franchement choquant.
Et ce n’est pas anodin. Wildwood devient ainsi le premier long-métrage de Laika à franchir ce seuil. Le film est actuellement en salles.
La violence comme coût, pas comme spectacle
Travis Knight, qui réalise le film et dirige aussi Laika, défend ce choix sans détour. Pour lui, il y a bien de la violence, des batailles et même la guerre dans Wildwood, mais l’objectif était d’en montrer le prix. Pas de transformer ça en attraction.
Il résume l’intention ainsi, « Il fallait montrer que la violence est terrible et traumatisante. Et si c’est une part de l’histoire qu’on raconte, il faut la montrer ». La nuance compte. On n’est pas dans la surenchère, plutôt dans une idée assez simple, la noirceur doit servir le récit.
Sur la classification, le cinéaste estime d’ailleurs que le film est correctement classé. Selon lui, le PG-13 dit en gros qu’il s’agit d’un film pour les familles, à condition que les parents sachent qu’il existe une certaine intensité et que tous les enfants n’y seront pas prêts au même âge.
Une scène choc au milieu d’une grande bataille
Le contraste est là. D’un côté, Wildwood revendique un souffle épique nourri par la trilogie Le Seigneur des anneaux de Peter Jackson, surtout dans sa bataille finale, dont la bande-annonce laisse déjà voir un aperçu. De l’autre, Travis Knight cherche à éviter un piège classique, celui de la bataille géante qui finit par anesthésier.
Sa méthode rappelle justement celle de Jackson, en alternant l’ampleur du conflit et des affrontements plus intimes, pour que le spectateur se soucie des personnages. Il y a notamment une scène où un personnage commet un acte violent, et tout passe par le langage du corps et les expressions du visage. On comprend que quelque chose s’est brisé. Le film peut être parfois un peu maladroit côté scénario, mais ce moment-là tombe juste.
Pas question d’adoucir le film
Même si la stop-motion demande un travail colossal, Travis Knight a expliqué, à moitié sur le ton de la blague, que son équipe n’aurait sans doute pas pu retoucher grand-chose même si l’organisme de classification l’avait demandé. Mais le fond est plus intéressant que la boutade.
Pour lui, il n’a jamais été question d’édulcorer le film pour viser une autre note. Il dit avoir voulu raconter cette histoire avec sincérité, ce qui impliquait d’accepter ses passages sombres et intenses. Et il ajoute un point essentiel, « L’expérience d’ensemble reste profondément tournée vers la vie. Il y a beaucoup de lumière et de joie dans ce film, mais on les gagne honnêtement en passant par des endroits sombres ».
C’est sans doute là que Wildwood devient plus qu’un simple film d’animation ambitieux. Quand un studio comme Laika assume cette intensité sans la lisser, il dit aussi quelque chose de l’animation elle-même, pas seulement de ce film précis.