En bref
- Harley Quinn ne devait apparaître qu’une fois
- Son look vient d’un rêve dans un soap
- Le clin d’œil existe aussi dans Birds of Prey
On connaît Harley Quinn comme un pilier de l’univers DC. En réalité, le personnage part d’une idée minuscule, presque jetable, née d’une scène de télévision improbable. C’est souvent comme ça que la pop culture fabrique ses figures durables, avec un accident heureux plus qu’avec un grand plan.
Un rôle jetable qui a pris toute la place
Quand Harley Quinn débarque en septembre 1992 dans Batman: The Animated Series, elle n’est pensée que pour un seul épisode. L’équipe envisage ensuite de la garder, non sans hésiter, parce qu’un risque existe alors, rendre le Joker plus humain alors que la série veut en faire une menace réelle pour Batman.
Mais le personnage fonctionne tout de suite. Le public accroche, l’équipe aussi, et Harley prend peu à peu de l’épaisseur jusqu’à devenir la petite amie du Joker, puis bien plus que ça.
Des années plus tard, Paul Dini expliquait que plus la série utilisait Harley dans des situations différentes, plus elle révélait sa richesse. Il disait même, en 2016, qu’Harley avait très vite grandi au point de devenir aussi intéressante que Catwoman, le Pingouin ou Ra’s al Ghul.
Le déclic ne vient pas d’un comic, mais d’un soap
Le plus amusant est ailleurs. L’idée ne vient pas d’un vieux comic oublié ni d’un brainstorming de studio. Elle vient d’une cassette VHS.
Paul Dini avait étudié avec l’actrice Arleen Sorkin, ensuite vue dans le soap Days of Our Lives. Elle lui envoie une cassette compilant ses meilleurs moments. Malade un jour, il la regarde enfin. Et là, un détail l’arrête, une séquence de rêve où Arleen Sorkin apparaît en bouffon de cour dans un univers de conte.
Comme Dini réfléchissait déjà à une femme de main pour le Joker, le lien se fait d’un coup. Le look nourrit la création de Dr. Harleen Quinzel, alias Harley Quinn. Et ce n’est pas juste une inspiration visuelle, Sorkin prêtera aussi sa voix au personnage.
Le clin d’œil que Birds of Prey cache à l’écran
Ce genre d’origine finit souvent enterré dans les anecdotes de fans. Pas ici.
Dans Birds of Prey, sorti en 2020, un clin d’œil très précis glisse à l’écran. Environ une heure après le début du film, dans l’appartement de Renee Montoya, on peut apercevoir sur un téléviseur l’épisode de Days of Our Lives qui a déclenché la création d’Harley Quinn. Discret, mais malin.
Du spin-off accidentel au phénomène durable
Le reste, vous le connaissez en partie. Harley sort vite du cadre de la série, passe dans les comics, d’autres programmes télé, puis dans le cosplay et les costumes d’Halloween, bien avant sa vie en prises de vues réelles.
Et son retour le plus cohérent est peut-être aussi le plus libre, la série animée Harley Quinn sur HBO Max. Violente, très drôle, parfois étonnamment touchante, elle explore surtout sa relation toxique avec le Joker et ce qui arrive quand elle casse enfin ce cycle. Pas à regarder avec des enfants, clairement. Mais ça rappelle une chose simple, certains personnages naissent comme une note de bas de page et finissent par redessiner toute la marge.