En bref
- Avatar 4 n’est plus assuré
- Disney regarde surtout la rentabilité
- James Cameron pense déjà à l’après
Environ 1,38 milliard d’euros au box-office mondial (1,5 milliard de dollars), ce serait un triomphe pour presque n’importe quel film. Pour Avatar, c’est justement là que le problème commence.
Un énorme score, mais plus au niveau d’Avatar
Avec Avatar : De feu et de cendres, James Cameron reste sur des sommets. Sauf que la saga s’est elle-même fixé une barre absurde. Le premier film avait atteint environ 2,67 milliards d’euros (2,9 milliards de dollars), puis The Way of Water avait suivi avec environ 2,12 milliards d’euros (2,3 milliards de dollars). Le troisième, lui, décroche d’environ 35 % par rapport au précédent.
Résultat, le débat n’est pas de savoir si le film marche. Il marche. Le débat, c’est de savoir s’il marche encore assez pour justifier la suite.
Chez Disney, le calcul ne pardonne pas
Du côté de Disney, le dossier tombe au mauvais moment. Josh D’Amaro, appelé à succéder à Bob Iger, doit aussi relancer les grandes licences du groupe, et Avatar pèse lourd dans l’équation.
Le souci, c’est le coût. Le budget dépasserait largement 368 millions d’euros (400 millions de dollars), sans même compter la promotion mondiale. Et comme les exploitants gardent environ la moitié des recettes guichet, un film de cette taille ne devient pas rentable avec un simple milliard. En interne, certains résument la situation de façon brutale, un prochain épisode à ce niveau ferait encore perdre des centaines de millions.
Clairement, produire un blockbuster pareil juste pour limiter la casse, ce n’est pas le modèle de Disney.
Des suites plus vastes, donc encore plus risquées
Ce qui complique tout, c’est que Avatar 4 et Avatar 5 ne sont pas pensés comme des épisodes plus modestes. Les ambitions narratives annoncées sont encore plus larges. En gros, si l’histoire grossit, la facture suit.
Et dans une franchise déjà bâtie sur des moyens techniques hors norme, l’idée d’un investissement supplémentaire n’a rien d’anecdotique. C’est même le nerf de la guerre.
James Cameron garde déjà une porte de sortie
James Cameron, lui, ne donne pas l’impression de s’accrocher coûte que coûte. Il envisagerait de conclure l’histoire sous une forme littéraire si la saga devait s’arrêter plus tôt que prévu. Il a même plaisanté sur une conférence de presse qui servirait à dévoiler la fin.
En attendant, le réalisateur regarde aussi ailleurs, avec notamment son projet autour de Ghost of Hiroshima. Ce n’est pas encore la fin d’Avatar, mais pour la première fois depuis longtemps, la suite dépend moins du rêve que d’un tableau Excel.
Vos questions, nos réponses
Pourquoi parler d’échec si le film a dépassé le milliard ?
Parce qu’un score brut ne dit pas tout. Sur une saga comme Avatar, le vrai repère, ce sont les épisodes précédents et le niveau de dépenses. Quand un film coûte extrêmement cher, un milliard peut sembler énorme et rester insuffisant une fois la part des salles et la promotion prises en compte.
Le budget seul suffit-il à juger la rentabilité ?
Non. Il faut ajouter le marketing, la distribution et le partage des recettes avec les exploitants. C’est pour ça qu’un box-office impressionnant n’assure pas automatiquement des bénéfices, surtout sur des productions calibrées à cette échelle.
Disney peut-il vraiment arrêter une franchise aussi connue ?
Oui, si l’équation financière ne tient plus. Une licence célèbre reste un actif précieux, mais un studio arbitre d’abord selon le rapport entre investissement, recettes attendues et potentiel à long terme.
James Cameron a-t-il déjà un plan si le cinéma s’arrête là ?
Oui, au moins dans l’idée. Il a évoqué une conclusion sous forme littéraire, ce qui permettrait de boucler le récit sans lancer un nouveau chantier industriel aussi lourd qu’un film Avatar.