En bref
- La saison 2 reste très solide
- Quatre mutants sonnent faux
- Le problème touche leur identité
Le plus frustrant avec X-Men ’97, c’est précisément ça, la saison 2 marche très bien. Les trois premiers épisodes ont de l’élan, du panache, et ce goût de lettre d’amour aux comics des années 90. Mais au milieu de cette réussite, quatre personnages déraillent, et pas sur un détail.
Une saison qui vise juste, sauf quand elle oublie d’où viennent ses héros
Les premiers épisodes donnent beaucoup de raisons d’adhérer. L’ouverture autour de Cyclope et Jean Grey, portée par le thème classique, coche exactement ce qu’on attend d’un retour pareil. Résultat ? Une série qui comprend très bien son héritage visuel et émotionnel.
Là où ça coince, c’est sur l’écriture des personnages. Pas un simple choix d’adaptation, plutôt un décalage avec ce que ces mutants représentent depuis longtemps dans les comics. Et quand une série aussi attachée à sa mémoire rate ça, on le voit tout de suite.
Magneto et Diablo face à l’Égypte, sans la dimension spirituelle attendue
Le cas de Magneto est le plus étrange. L’épisode 3 en fait presque le vrai porteur du rêve de Xavier, jusque dans son espoir de voir l’histoire réécrite et Apocalypse racheté. C’est fort, même assez fin. Sauf qu’une pièce manque, sa judéité.
Coincer Magneto dans l’Égypte ancienne, face à un homme élevé comme esclave, sans activer ce passé-là, c’est rater une évidence. Sa culture aurait pu nourrir son rapport à En Sabah Nur, ou au moins colorer sa lecture du personnage.
Même problème pour Diablo. Kurt Wagner est un catholique fervent, donc l’histoire biblique d’Israël en Égypte n’est pas un décor neutre pour lui. Or la série ne montre ni l’émerveillement ni la joie qu’on attendrait d’un personnage justement construit sur la foi et la joie. Et le trailer suggérait déjà un glissement, il croit surtout dans les X-Men. Ça se comprend, mais ça sonne faux pour lui.
Emma Frost redevient presque une antagoniste, et c’est là que ça coince
Pour Emma Frost, le souci est plus structurel. Dans les comics, elle débute comme méchante en 1980, puis devient héroïque à partir de 1994. Or l’épisode 2 la traite encore comme une figure dure, intéressée, presque purement antagoniste.
Le vrai manque, c’est son rôle de professeure. C’est ce qui fonde sa rédemption, d’abord après le massacre de ses élèves par les Sentinelles, puis après Genosha. Sans cette dimension, sa trajectoire perd sa force. Et voir Jubilé glisser vers X-Factor avec un costume qui rappelle sa période sous la tutelle d’Emma dans Generation X, ça accentue encore la dissonance.
Jubilé est mise en avant, mais dans les chaussures d’une autre mutante
Le cas le plus discret, c’est Jubilé. En apparence, la série lui donne enfin de la place. Mais ce n’est pas vraiment une histoire de Jubilé, plutôt une histoire où elle occupe en partie la place de Boom Boom.
On retrouve chez elle des éléments qui évoquent cette autre mutante, la skater girl recrutée très tôt par Cable dans X-Force, capable de générer des explosifs et parfois liée à Sunspot. Même certains dialogues y font penser. Surtout quand Cable explique qu’elle ira bien parce qu’il l’a entraînée. Le problème est là, Jubilé n’a pas besoin d’être validée par Cable. Sur cette chronologie, elle a déjà affronté Magneto, Omega Red ou les Sentinelles. À moyen terme, c’est le vrai enjeu pour X-Men ’97, réussir ses grands arcs sans diluer l’identité de ceux qui les portent.