X-Men ’97 relance X-Factor avec un rôle bien plus sombre

L’épisode 2 de la saison 2 ramène X-Factor dans X-Men '97, mais pas comme simple clin d’œil. Le groupe sert surtout à durcir le discours politique de la série.

X-Men '97
Image d'illustration. X-Men '97 — Marvel / PR-ADN

En bref

  • X-Factor arrive dans l’épisode 2
  • Le groupe traque des mutants au nom de l’ordre
  • Polaris pourrait déjà basculer

Il y a des retours qui ressemblent à du fan service. Et puis il y a X-Factor dans X-Men ’97, qui sert à quelque chose de bien plus précis. L’équipe n’est pas là pour meubler le décor mutant, elle incarne une idée plus inconfortable, celle d’une protection qui passe par l’enfermement.

Un groupe qui reprend le blason des X-Men

Dans l’épisode 2 de la saison 2, retour en 1997. Les X-Men étant tenus pour morts après l’implosion d’Asteroid M, les mutants restés sur place n’ont plus de visage public pour les défendre. Valerie Cooper, l’agente gouvernementale déjà vue la saison dernière, a donc monté sa propre réponse, X-Factor.

L’équipe réunit Havok, qui la dirige sur le terrain, Polaris, Strong Guy, Wolfsbane et Multiple Man. Leur mission officielle, garder des enfants mutants à l’abri des fanatiques. En pratique, on les voit surtout les pourchasser pour les enfermer. Et quand Havok explique, très sûr de lui, qu’ils sont les gentils, la série appuie là où ça fait mal.

Le contraste est net face à X-Force, le groupe clandestin formé par Cable et Jubilee. La loi est du côté de X-Factor. La légitimité morale, c’est une autre affaire.

Pourquoi ce nom compte dans l’histoire Marvel

Ce choix ne sort pas de nulle part. Dans les comics, X-Factor naît en 1986 pour réunir les cinq premiers X-Men, alors que l’équipe principale est menée par Magneto. Le concept était étrange, des mutants grimés en super-héros non mutants qui capturaient d’autres mutants.

Mais cette période a pesé lourd. Sous Louise Simonson, le titre a notamment installé Apocalypse comme grand antagoniste et posé les bases de l’arc d’Angel transformé en Mort, repris ensuite par le dessin animé des années 1990. Plus tard, après la Muir Island Saga, Peter David récupère la série et recentre X-Factor autour de Havok, Polaris et d’autres personnages que la version animée a gardés.

C’est ce mélange que reprend X-Men ’97. La composition vient surtout de l’ère Peter David, mais la fonction rappelle la version des années 1980, des mutants costumés qui traquent des mutants. Forge, qui dirigeait l’équipe dans X-Men: The Animated Series, n’en fait visiblement plus partie. Quicksilver aussi a disparu.

Le vrai sujet, c’est la politique mutant

Le plus intéressant est là. X-Factor porte le même branding X et presque les mêmes couleurs que les X-Men, comme si la marque survivait à l’idéal. Sauf que leur vision de l’aide passe par la perte de liberté.

Après la capture de Jubilee, l’épisode montre des rangées de jeunes mutants en cellule, brisés, avec des colliers qui coupent leurs pouvoirs. L’image est frontale. Elle renvoie à une logique de détention au nom du bien commun, et la série ne la rend jamais confortable à regarder.

C’est aussi là que Polaris commence à bouger. Jubilee lui rappelle qu’être une X-Man ne veut pas dire obéir à l’autorité sans discuter. Polaris sabote alors sa cellule, juste assez pour permettre une évasion et libérer d’autres prisonniers. Les images promotionnelles vont dans le même sens, on la voit ensuite hors uniforme, de retour au manoir et auprès de ces enfants mutants. Bref, X-Men ’97 ne se contente pas de recycler un nom culte, la série s’en sert pour montrer à quel point l’absence des X-Men a laissé la place à une version bien plus docile, et bien plus dangereuse, de leur héritage.

Morgan Fromentin

Spécialiste Pop Culture

Depuis 2018, je décrypte l'actualité technologique ainsi que les dernières nouveautés cinéma et séries sur Begeek.fr.

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