En bref
- X-Men ’97 tue finalement Nightcrawler
- Rogue sauve Gambit, mais perd son frère
- La série préparait ce choix depuis plusieurs épisodes
Ressusciter un héros, ça peut ruiner tout le poids d’une série. X-Men ’97 évite justement ce piège dans son épisode 9, Survival of the Fittest, en faisant payer le retour de Gambit par une autre perte, celle de Nightcrawler.
Une résurrection qui ne pouvait pas rester gratuite
Depuis l’attaque sur Genosha puis le meurtre de Magneto par Apocalypse, la série martèle une idée simple, personne n’est à l’abri. Cette fois, le problème est double. L’âme d’Apocalypse est toujours logée dans Gambit, revenu comme Cavalier de la Mort, pendant que X-Factor et X-Force veulent éliminer la menace en tuant directement Gambit.
Au milieu de ce chaos, Rogue, Beast et Nightcrawler remontent jusqu’à Ship, le vaisseau céleste qui a transformé jadis En Sabah Nur en Apocalypse. L’entité Eson propose alors à Rogue assez de pouvoir pour arracher l’âme d’Apocalypse à Gambit, contre sa propre vie. Elle accepte. Et elle réussit.
Le piège, c’est que le prix ne tombe pas sur elle. Pas directement. Quand ses pouvoirs célestes s’effacent, on comprend que Nightcrawler a renégocié l’accord avec Eson et offert sa vie à la place de celle de sa sœur.
Pourquoi Nightcrawler était le choix le plus logique
Ce sacrifice n’arrive pas de nulle part. Rogue est la sœur de Kurt Wagner, via Mystique, et la série ne présente pas son geste comme un simple réflexe familial. Nightcrawler explique qu’on le pleurera, mais que son souvenir pourra devenir une graine pour les autres. À la question d’Eson, il répond, les mains jointes, « Parce que… j’ai la foi ».
Tout le personnage tient là. Dans la série animée d’origine comme dans X-Men ’97, sa foi catholique structure sa manière d’être au monde. Sa fin prend donc une dimension presque christique, un don de soi pour que d’autres puissent vivre mieux. Le montage final insiste là-dessus, avec les élèves de l’école de Xavier, puis Rogue et Gambit enfin réunis, la bible de Kurt entre les mains.
La série avait préparé ce moment depuis plusieurs épisodes
Il y avait même un signe très concret dans l’épisode 8, The Dead Man’s Hand. Pendant une partie de poker, Nightcrawler tire la fameuse main du mort, deux as noirs et deux huit noirs. Sur le moment, on pouvait y voir un clin d’œil à l’arrivée de Gambit. En réalité, c’était aussi un présage pour lui. Et Beast, qui gagne la manche, cite Jack London sur l’art de bien jouer une mauvaise main. C’est exactement ce que fait Nightcrawler.
Autre détail, plus industriel cette fois. Dans le livre X-Men ’97: The Art and Making of the Animated Series, signé James Field, le producteur superviseur Jake Castorena révèle que Nightcrawler devait initialement mourir dans Remember It, pas Gambit. Le choix final était meilleur, clairement, parce que la mort de Gambit donnait à Rogue un vrai arc de deuil et de rage. Mais garder Nightcrawler jusque-là a permis de lui donner enfin sa place de vrai X-Man, entre sermons, présence au générique et duel contre des Sentinels avec Wolverine.
Ce que ce final dit vraiment de Rogue
Le plus cruel est peut-être là. Rogue récupère l’homme qu’elle aime, l’embrasse enfin sans le condamner, puis perd son frère dans le même mouvement. Résultat ? Un final qui ne cherche pas juste à choquer. Il rappelle qu’une résurrection n’a de poids que si elle laisse une cicatrice. Et ça, pour la suite de X-Men ’97, ça compte bien plus qu’un simple twist.