En bref
- Le film n’adapte aucun jeu précis
- Il invente un héros, Bryan
- Mais il retrouve la sensation des jeux
Le nouveau film Resident Evil fait un choix que Hollywood évite d’habitude, il arrête de recycler une intrigue déjà connue. À la place, Cregger invente une histoire originale dans l’univers de Resident Evil, en s’appuyant surtout sur l’épidémie de Raccoon City et sur les codes du jeu.
C’est là que le contraste devient intéressant. Sur le papier, cette adaptation a tout d’une trahison. En pratique, elle semble comprendre quelque chose que pas mal de films tirés du jeu vidéo ratent, ce qui compte ici n’est pas seulement le lore, c’est la manière dont on traverse ce cauchemar.
Le film coupe avec les scénarios connus
Si vous attendiez un défilé de figures emblématiques des jeux, il faut revoir vos attentes. Le personnage principal s’appelle Bryan, c’est un homme ordinaire, et son parcours pendant l’épidémie n’existe dans aucun épisode de la saga.
Même le reboot Resident Evil: Welcome to Raccoon City essayait encore de combiner des morceaux des deux premiers jeux. Ici, Cregger part ailleurs. Les créatures, les armes, les décors et plusieurs détails familiers restent bien là, mais ils servent une nouvelle histoire, pas une reconstitution.
La fidélité passe par les sensations, pas par le copier-coller
Le vrai pari est là. Les jeux Resident Evil ne fonctionnent pas juste parce qu’il y a des zombies ou des monstres géants. Ils marchent parce que le joueur se sent fragile, souvent à court de marge, obligé d’avancer malgré tout.
Le premier jeu pouvait rendre une porte inquiétante. Quelques balles trouvaient soudain une valeur énorme. Un couloir banal devenait suspect parce qu’on ignorait ce qui attendait au bout. Et le film ne peut pas afficher un inventaire à l’écran, mais il peut recréer cette sensation de ressources limitées, d’exploration prudente, de menace qui colle à la peau.
Une mise en scène pensée comme une partie
Plusieurs critiques ont relevé ce point, le film emprunte clairement le langage du jeu vidéo. La caméra accompagne Bryan dans des espaces inconnus, au lieu de foncer d’une scène d’action à l’autre, et le spectateur découvre les lieux au même rythme que lui.
Résultat, le rythme alterne entre calme tendu et chaos brutal. Puis ça recommence. Cette progression a quelque chose de très gameplay, avec des objectifs, des obstacles, des lieux de plus en plus étranges, des menaces de plus en plus bizarres, et même deux nouveaux monstres inspirés d’autres jeux.
Pourquoi ça compte pour la saga au cinéma
Après presque trente ans à nourrir jeux, séries, films et cauchemars, Resident Evil a toujours eu une relation compliquée avec Hollywood. Ce nouveau film semble casser cette malédiction d’une manière assez simple, il ne cherche plus à raconter ce que le public a déjà joué, il essaie de refaire vivre l’expérience.
Et si ça marche, on voit bien la suite. Plus de zombies, sans doute. Cregger aurait même déjà proposé un autre film d’horreur pendant un affrontement entre Batman et Joker. Bref, l’enjeu dépasse ce seul long-métrage, il touche à la façon dont le cinéma pourrait enfin adapter un jeu sans le réduire à son scénario.