En bref
- Le film de Zach Cregger ne reprend pas un jeu précis
- Des fans regrettent l’absence de héros cultes
- Welcome to Raccoon City l’avait tenté, sans succès
Ce qui crispe une partie du public, ce n’est pas que le nouveau Resident Evil soit raté. C’est presque l’inverse. Le film de Zach Cregger est salué, au point d’avoir établi un record sur Rotten Tomatoes pour une adaptation de jeu vidéo, mais il continue de diviser pour une raison très précise.
Le vrai point de friction n’est pas la qualité
Avant même sa sortie en salles, pas mal de fans lui reprochaient de ne pas adapter frontalement un épisode de Capcom. Le parti pris de Zach Cregger est autre. Son film se glisse à côté de Resident Evil 2 dans la chronologie des jeux, avec une histoire inédite qui se déroule pendant les événements de ce jeu.
Du coup, on ne suit pas Chris Redfield ni Jill Valentine, deux figures que beaucoup attendaient. Le centre du récit, c’est Bryan, joué par Austin Abrams, un convoyeur médical pris dans une nuit qui vire au cauchemar. Il doit traverser une Raccoon City envahie de monstres tout en gardant intact son colis s’il veut survivre.
Le film fidèle existait déjà, et il n’a pas marché
C’est là que le débat devient intéressant. Le cahier des charges réclamé aujourd’hui a déjà été coché en 2021 avec Resident Evil: Welcome to Raccoon City, mis en scène par Johannes Roberts. Cette version plaçait l’action dans la ville de Raccoon City, après le départ d’Umbrella, avec le virage horreur que les jeux portent depuis le début.
Et côté fidélité, difficile de faire semblant. On y croisait Claire Redfield, Leon Kennedy, Albert Wesker, Jill Valentine et Chris Redfield. Le film montrait aussi le manoir Spencer, le commissariat de la ville et même le fameux zombie du demi-tour du tout premier jeu. Sur le papier, c’était exactement l’adaptation directe que certains voulaient.
Sauf que non, ça n’a pas pris. Le long-métrage a sous-performé au box-office et n’a pas convaincu la critique. Bref, l’idée d’une fidélité littérale a déjà été testée, et elle n’a pas vraiment sauvé la franchise au cinéma.
Cregger vise moins la copie que la sensation de jeu
Le choix actuel se comprend aussi à la lumière des essais précédents. Les films lancés en 2002 ont rapporté au total un milliard de dollars environ, sans coller de près aux jeux. De son côté, la série live de Netflix n’a duré qu’une saison.
Zach Cregger, lui, tente autre chose. Pas refaire une histoire connue, mais retrouver l’expérience de jeu. Son Resident Evil reprend des monstres directement tirés des jeux, une ville qui ressemble enfin à Raccoon City, et même cette logique très concrète de survie où le héros doit récupérer des objets pour tenir. Ce n’est pas la fidélité au scénario, c’est la fidélité aux sensations. Et pour la suite, c’est sans doute ça le vrai test de la franchise.