En bref
- Disney a produit un préquel officiel de 10 minutes
- Le court est désormais visible en ligne
- Son vrai intérêt, c’est le Code pirate
On parle souvent des cinq films, rarement de ce bonus-là. En 2011, Disney a pourtant sorti un vrai préquel officiel de Pirates of the Caribbean, un court métrage de 10 minutes baptisé Pirates of the Caribbean: Tales of the Code: Wedlocked. Longtemps coincé dans un coffret Blu-ray des quatre premiers volets, il circule maintenant en ligne.
Un appendice discret dans une franchise géante
Ce petit film existe parce que la machine Pirates a longtemps rapporté très gros. Le premier épisode de Gore Verbinski, Pirates of the Caribbean: The Curse of the Black Pearl, coûtait environ 129 millions d’euros (140 millions de dollars) pour 143 minutes, et a fini à environ 601 millions d’euros (654 millions de dollars) au box-office.
Derrière, Disney a gonflé la formule. Pirates of the Caribbean: Dead Man’s Chest est monté à environ 207 millions d’euros (225 millions de dollars) pour 150 minutes, puis Pirates of the Caribbean: At World’s End à environ 276 millions d’euros (300 millions de dollars) pour 168 minutes. Les recettes ont suivi, avec environ 975 millions d’euros (1,06 milliard de dollars) pour le premier, puis 885 millions d’euros (962 millions de dollars) pour le second. Depuis, le studio court encore après ce pic, y compris avec The Lone Ranger ou Jungle Cruise, qui ont perdu de l’argent.
Deux fiancées de Jack Sparrow, dix minutes de chaos
Le court se concentre sur Giselle et Scarlett, deux personnages très secondaires, jouées par Vanessa Branch et Lauren Maher. On découvre qu’elles ont toutes les deux été promises à Jack Sparrow, incarné dans la saga par Johnny Depp. Le point de départ est limpide, elles attendent leur mariage, comprennent qu’elles ont été dupées, puis se retrouvent sur une estrade, vendues aux enchères.
Le lot part pour 702 chèvres. Détail absurde, presque le meilleur gag. Sauf que le commissaire-priseur, joué par John Vickery, annonce qu’il garde l’intégralité de la somme au nom du Code pirate. Visuellement, c’est soigné, coloré, avec de vrais moyens. Côté humour, c’est quand même plus forcé qu’inspiré.
Le vrai sujet, c’est le Code pirate
Le centre du court, ce n’est pas la vengeance des deux femmes. C’est ce gros livre qui impose le silence à toute la salle dès qu’il apparaît. Si vous avez vu les films, vous savez à quel point le Code pirate sert de porte de sortie scénaristique à peu près partout. Ici, le court en fait carrément un objet fondateur.
Et ce n’était sans doute pas un hasard. Le titre Tales of the Code laissait entendre une série possible de récits annexes. James Ward Byrkit, le réalisateur derrière Coherence, expliquait d’ailleurs au Washington Post qu’il imaginait plusieurs courts reliés par ce livre, affirmant : « J’imaginais quelque chose basé sur le livre du Code pirate, parce que cela impliquait un dispositif capable de relier d’autres histoires plus tard ». Tourné en trois jours sur les décors de At World’s End promis à la destruction, Wedlocked ressemble moins à un trésor caché qu’à un test jamais prolongé. Et ça dit quelque chose de la franchise, son univers déborde encore, même quand son souffle, lui, s’est un peu perdu.