En bref
- Le MCU a changé la grammaire du genre
- Blade et X-Men ont préparé le terrain
- Spider-Man 2 reste un repère durable
On parle beaucoup de multivers, de chronologie, de caméos. Mais avant ça, un film Marvel devait surtout réussir une chose, tenir seul. C’est ce qui rend encore Blade, X-Men et Spider-Man 2 intéressants aujourd’hui. Ils ne faisaient pas partie d’un grand puzzle, et pourtant ils ont pesé lourd.
Avant les univers partagés, il fallait convaincre film par film
Avec le MCU, Marvel Studios a imposé une autre logique, celle des films connectés, d’une continuité commune et de personnages qui traversent plusieurs sagas. Le modèle a fait école, clairement. Mais il a aussi relégué au second plan des longs-métrages plus anciens centrés sur les mêmes héros, alors qu’ils n’ont pas perdu leurs qualités pour autant.
Ce décalage est intéressant. On a fini par juger beaucoup de films à leur place dans le canon, moins à leur capacité à raconter une histoire complète. Or ces trois-là ont justement construit une partie de l’histoire Marvel au cinéma.
Blade, le pari sombre qui a rendu Marvel bankable
En 1998, Blade débarque avec des vampires, une esthétique sombre et une bande-son très marquée par les basses et l’électro. Rien à voir avec un divertissement familial calibré pour tout le monde. Le film visait plus âgé, et ça se sentait.
Surtout, il a marché. Avec un budget d’environ 41 millions d’euros (45 millions de dollars), il a rapporté près de 121 millions d’euros (131 millions de dollars) au box-office. Résultat, une trilogie. Et ce succès surprend encore un peu quand on regarde la place du personnage à l’époque, bien moins exposé que les X-Men ou Daredevil. Il n’y avait même pas de série régulière en cours, seulement quelques publications isolées puis une relance très courte.
X-Men a préparé le terrain, même en noir cuir
Deux ans plus tard, X-Men arrive au cinéma, au moment du passage à l’an 2000. Le film prend une autre voie. 20th Century Fox choisit des costumes noirs en cuir plutôt que les tenues colorées des comics, une manière assez transparente de rendre l’ensemble plus sérieux.
Le calcul a fonctionné. Budget estimé, environ 69 millions d’euros (75 millions de dollars). Recettes mondiales, près de 273 millions d’euros (296,3 millions de dollars). La distribution était solide, les personnages immédiatement reconnaissables, et la franchise a duré des années. Son empreinte est encore là, avec le même interprète pour Wolverine et des rumeurs persistantes autour de retours pour Professor X, Magneto, Mystique ou Cyclops.
Spider-Man 2, le moment où le super-héros est redevenu humain
Puis il y a Spider-Man 2, souvent le vrai sommet de cette période. Tobey Maguire reprend le rôle de Peter Parker, Sam Raimi revient à la réalisation, et Doctor Octopus apporte plus qu’un simple duel de super-vilains.
Le film raconte aussi l’usure. Les relations qui se fissurent, les pouvoirs qui deviennent un poids, la question très simple au fond, quel homme Peter veut être. C’est sans doute pour ça qu’il a tenu aussi fort dans le temps. Avec un budget d’environ 184 millions d’euros (200 millions de dollars), il a généré près de 733 millions d’euros (797 millions de dollars) dans le monde et battu le record du meilleur premier jour, jusque-là détenu par le premier Spider-Man.
Le super-héros moderne est devenu un système. Ces films rappellent autre chose, un personnage peut marquer durablement sans univers partagé autour de lui. Et vu la place que prend encore leur héritage, ce passé-là n’a rien d’un détail.