En bref
- Werwulf sort le jour de Noël
- Aaron Taylor-Johnson y devient méconnaissable
- Eggers mise sur l’horreur médiévale frontale
Noël sera gris, sale et franchement inquiétant. Le nouveau trailer de Werwulf confirme que Robert Eggers ne capitalise pas simplement sur l’élan de Nosferatu, sorti lui aussi en 2024. Il pousse plus loin son goût pour les mondes fermés, les corps abîmés et les images qui collent à la rétine.
Noël en gris sale, pas en rouge brillant
Ce qui frappe d’abord, c’est la mise en scène. La bande-annonce baigne dans des nuances de brun et de gris, avec une lumière presque irréelle, comme si tout le film avait été pensé à travers une météo malade. C’est très simple, visuellement, mais très travaillé aussi, et ça donne à Werwulf une texture bien plus hostile que celle de pas mal de productions de monstres récentes.
Robert Eggers présente même le film comme son travail le plus sombre à ce jour. Quand on sort de Nosferatu, de The Northman et de The Witch, ce n’est pas une petite promesse.
Aaron Taylor-Johnson trouve enfin un rôle à sa démesure
Il y a aussi un petit effet de rattrapage. Après Kraven the Hunter, accueilli très froidement et bloqué à 15% côté critiques sur Rotten Tomatoes, Aaron Taylor-Johnson semble enfin lâché sans bride. Et clairement, ça change tout.
Dans Werwulf, il incarne un fermier maudit de l’Angleterre du XIIIe siècle, condamné à se transformer en bête. Le trailer insiste sur ce point, la métamorphose ne sera pas suggérée à distance. Elle sera montrée, en détail, dans une logique de body horror qui annonce quelque chose de très physique.
La dernière image vend d’ailleurs toute l’affaire, l’acteur, nu sous la lune, le visage et le corps couverts de crasse, passe ses mains tremblantes et ensanglantées sur son visage.
Un village, une malédiction, du vieil anglais
Autour de lui, Lily-Rose Depp, Willem Dafoe et Ralph Ineson. On retrouve donc une partie des fidèles d’Eggers, avec ce mélange d’étrangeté sèche et de présence très incarnée qui lui va bien.
Le cadre, lui, est presque aussi important que le monstre. Tous les dialogues seront prononcés en vieil anglais, ce qui suffit déjà à donner au film une couleur particulière. Lily-Rose Depp y raconte son amour pour son mari à un prêtre et demande qu’on le guérisse de sa malédiction, pendant que le personnage de Willem Dafoe, envoyé par le roi, arrive pour traquer ceux frappés par la lycanthropie.
Ce que le trailer vend vraiment
Et puis il y a la mécanique du trailer, très calculée, mais efficace. Des gros plans presque agressifs, des sursauts, un chant de plus en plus oppressant, puis une voix qui promet, en substance, de rendre son âme à quelqu’un s’il se nourrit de chair humaine. Pas de quoi rassurer.
Un fan a résumé l’impression générale avec une formule assez juste, « C’est le film le plus Eggers que Robert Eggers ait jamais fait ». Bon, c’est excessif par nature. Mais si Werwulf tient cette promesse-là, on ne sera plus seulement face à un film de loup-garou. On aura surtout un bon indicateur de la manière dont l’horreur d’auteur continue de se durcir tout en restant très grand public.