En bref
- Netflix voulait une sortie directe en streaming
- Focus Films a gagné la bataille des droits
- Le cinéma en salles a changé son destin
Le destin d’Obsession s’est peut-être joué en une décision très simple, sortir en salle ou filer directement sur une plateforme. Et oui, Netflix avait proposé la deuxième option.
Le film a vraiment frôlé la sortie streaming
Aujourd’hui, le contraste saute aux yeux. Obsession, réalisé par Curry Barker, a dépassé les environ 460 millions d’euros de recettes mondiales (500M$) avec un budget inférieur à environ 920000 euros (moins de 1M$). Un parcours presque absurde à cette échelle, surtout pour un film porté au départ par des visages alors peu connus, Inde Navarrette et Michael Johnston.
Mais ce succès aurait pu ne jamais ressembler à ça. Curry Barker a expliqué que Netflix avait fait une offre pour mettre le film directement sur la plateforme, sans passage par les salles. Autrement dit, pas de vraie carrière en cinéma, pas de montée progressive, pas cette mécanique un peu rare où l’expérience collective alimente le bouche-à-oreille.
Une guerre d’enchères bien plus large que prévu
Le point de bascule arrive juste après la projection du film au festival de Toronto. Barker raconte s’être réveillé avec une série d’appels manqués de son manager, de son agent et de Christian, le financier du projet. Sur le moment, il ne savait même pas si c’était une bonne nouvelle.
Quand il rappelle, il comprend vite. Selon son récit, tout le monde voulait miser sur le film. Parmi les studios intéressés pour récupérer les droits de distribution, il cite notamment Neon, Focus Films, A24, et d’autres encore. Pour un projet qui semblait destiné à une acquisition assez simple, voire à une petite exploitation en salle, l’écart est énorme.
C’est finalement Focus Films qui remporte la mise. Et clairement, ce choix a compté. Il a permis à Obsession de bénéficier d’une sortie en salle qui l’a transformé presque tout de suite en film culte.
Pourquoi ce choix compte au-delà d’un simple box-office
Le cas Obsession dit quelque chose de plus large sur l’époque. Le film est devenu le plus gros succès original de la décennie, devant Elemental, et l’un des plus gros films d’horreur de tous les temps. Pas mal pour un objet indépendant que beaucoup auraient sans doute rangé un peu vite dans la case streaming.
Un spectateur, lui-même cinéaste indépendant, y voit un signal encourageant pour l’avenir du cinéma et pour les distributeurs, avec l’idée que le public sait encore répondre à des propositions qu’il n’a pas déjà vues dix fois. Le fond de l’affaire est là. L’horreur, surtout quand elle a quelque chose à raconter, reste un genre capable de peser lourd. Et pas seulement en ligne, dans la salle aussi. C’est sans doute ce que beaucoup de studios vont regarder de près maintenant.