Washington durcit le ton face aux opérateurs télécoms chinois

Image d'illustration. Télécommunications ADN
Le régulateur américain des télécommunications envisage de renforcer les réglementations visant les opérateurs chinois, dans un contexte de préoccupations croissantes autour de la sécurité nationale et des liens potentiels entre ces entreprises et le gouvernement chinois.
Tl;dr
- La FCC américaine envisage d’interdire aux principaux opérateurs chinois (China Mobile, China Telecom, China Unicom) d’exploiter ou gérer des centres de données aux États-Unis pour des raisons de sécurité nationale.
- Ces entreprises, déjà inscrites sur la “Covered List”, pourraient faire face à des restrictions renforcées, dans un contexte de durcissement global des règles visant les équipements et acteurs technologiques chinois.
- Une décision finale est attendue le 30 avril 2026, avec un possible élargissement des interdictions à d’autres acteurs et aux laboratoires de certification.
Un tour de vis contre les opérateurs chinois
Dans un contexte de tensions persistantes entre les États-Unis et la Chine, la Federal Communications Commission (FCC) se prépare à franchir une nouvelle étape. L’institution envisage en effet d’interdire aux trois principaux opérateurs télécoms chinois, à savoir China Mobile, China Telecom et China Unicom, d’exploiter ou de gérer des centres de données sur le sol américain. Cette réflexion intervient alors que les préoccupations liées à la sécurité nationale n’ont jamais été aussi prégnantes dans l’agenda politique.
Des mesures déjà en place, bientôt renforcées ?
Déjà inscrits sur la fameuse Covered List, qui recense les entreprises et équipements jugés à risque pour la sécurité des États-Unis, ces acteurs se retrouvent une nouvelle fois dans le viseur des autorités. À travers cette liste, l’autorisation d’importer, vendre ou utiliser certains équipements est tout simplement proscrite. La FCC indique avoir « provisoirement conclu qu’il existait des risques significatifs » lorsque ces sociétés chinoises sont connectées aux réseaux domestiques américains.
Mais l’agence ne compte pas s’arrêter là. Elle sollicite désormais l’avis du public et des acteurs concernés pour déterminer s’il convient d’aller jusqu’à une interdiction pure et simple des activités de data centers pour ces opérateurs.
D’autres acteurs technologiques sous surveillance accrue
Ce projet ne vise pas uniquement les opérateurs historiques : des fournisseurs comme Huawei, ZTE, mais aussi ceux détenant du matériel installé issu de cette « Covered List », pourraient être soumis à des règles encore plus strictes. Un arsenal réglementaire qui s’est déjà étoffé ces derniers mois : on se souvient du bannissement récent des nouveaux modèles de drones chinois décidé en décembre 2025, ainsi que celui concernant certains routeurs grand public importés de Chine.
Par ailleurs, la FCC souhaite également interdire aux laboratoires chinois la certification d’appareils électroniques destinés au marché américain (smartphones, caméras, ordinateurs…). Les organismes chargés d’évaluer ces produits devront également transmettre la liste de leurs employés étrangers impliqués dans les processus de test et mettre en place un dispositif d’alerte dédié aux possibles infractions.
Une échéance cruciale fin avril
Tous ces sujets devraient être tranchés lors du vote du 30 avril 2026, programmé lors d’une réunion publique de la FCC. Si le texte est adopté, il marquerait une inflexion notable dans la politique américaine en matière de souveraineté numérique et pourrait avoir des conséquences directes sur l’accès au marché américain pour plusieurs géants technologiques venus de Chine.