Warner mise sur Siren Head, nouveau filon d’horreur né sur Internet

Warner Bros. a décroché les droits de Siren Head, créature virale de Trevor Henderson. Un pari très Hollywood, mais pas totalement absurde.

Siren Head
Siren Head — Siren Head / PR-ADN

En bref

  • Warner Bros. a acheté les droits de Siren Head
  • Zach Cregger et Brian Duffield portent le projet
  • Hollywood chasse le prochain Backrooms

C’est officiel, Warner Bros. a raflé les droits d’un film Siren Head. Et derrière cette acquisition, il y a plus qu’un simple coup de catalogue, on voit très bien la nouvelle obsession de Hollywood, transformer des peurs nées en ligne en franchises de cinéma.

Warner Bros. remporte une vraie bataille

Selon The Hollywood Reporter, le studio a gagné une importante guerre d’enchères autour de la créature imaginée par Trevor Henderson, devenue virale en 2018. Cinq studios étaient sur le coup. Ce n’est pas anodin.

Après la domination des films de super-héros, puis l’espoir placé dans les adaptations de jeux vidéo, les grands studios cherchent autre chose. Et en ce moment, ce quelque chose ressemble de plus en plus à l’horreur issue d’Internet, portée récemment par Backrooms et aussi par Obsession, très suivi par la Gen Z.

Une équipe qui connaît déjà très bien l’horreur

Là où le projet devient intéressant, c’est sur les noms associés. Zach Cregger, réalisateur de Weapons et Barbarian, doit produire et coécrire le scénario avec Brian Duffield.

Et ce dernier ne ferait pas que coécrire. Le plan, toujours d’après The Hollywood Reporter, est qu’il réalise aussi le film. Quand on connaît ses crédits, de No One Will Save You à l’adaptation à venir de Whalefall, on comprend pourquoi le dossier a attiré autant de monde. Duffield a aussi signé Underwater et mis en scène Spontaneous. Bref, ce n’est pas un assemblage opportuniste monté à la va-vite.

Le monstre est déjà écrit comme un concept de cinéma

Le travail de Trevor Henderson repose sur une idée simple et efficace, prendre des photos existantes, puis y glisser une présence absurde, dérangeante, presque crédible. Siren Head résume bien cette méthode.

L’artiste le décrit comme « une entité mystérieuse », et surtout comme « un chasseur d’humains rusé, capable de se fondre dans les arbres aussi bien que dans le paysage urbain. Siren Head utilise le mimétisme et des tromperies sonores pour isoler et désorienter ses victimes, qui disparaissent souvent sans laisser de trace ». Franchement, on tient déjà une base de pitch.

Le vrai enjeu, c’est la malédiction des adaptations de mèmes

Le pari reste risqué. Les fans de creepypastas, de Slender Man, de la SCP Foundation ou de Backrooms aiment justement ces univers parce qu’ils gardent des zones d’ombre. Un film peut vite casser ça en expliquant trop, ou en visant autre chose que la peur diffuse d’origine.

Mais le calcul des studios se comprend. Backrooms a démarré à plus de 80 millions de dollars, soit environ 68 millions d’euros (80 millions de dollars), sur son premier week-end, avant d’atteindre plus de 330 millions de dollars dans le monde, soit environ 280 millions d’euros (330 millions de dollars), à partir d’une série YouTube déjà populaire. Siren Head a son public, son lore, et ce n’est même qu’une porte d’entrée vers d’autres créatures de Henderson. Ce dossier-là compte donc moins pour son monstre que pour ce qu’il annonce, la prochaine grande chasse de Hollywood se fait désormais sur le web.

Morgan Fromentin

Spécialiste Pop Culture

Depuis 2018, je décrypte l'actualité technologique ainsi que les dernières nouveautés cinéma et séries sur Begeek.fr.

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