En bref
- Uber abandonne la course au développement interne et mise sur des partenariats stratégiques.
- Le groupe investit massivement dans les véhicules autonomes, robots, drones et technologies associées.
- Son objectif : devenir la plateforme mondiale qui orchestre la mobilité autonome.
Uber ne veut plus être le studio qui code tout, teste tout et se brûle tout seul. Il veut être la plateforme qui relie les bonnes briques, à l’échelle mondiale. Et franchement, c’est beaucoup plus malin.
D’une ambition maison à un grand reset
Pendant les années Travis Kalanick, Uber jouait la carte du développement interne avec Uber ATG, créé en 2014, puis le rachat d’Otto en 2016. La boîte testait déjà ses véhicules en Californie, à Pittsburgh et en Arizona.
Puis tout s’est cassé la figure. La plainte de Waymo, le départ de Kalanick en 2017 et surtout le crash mortel de Tempe en 2018 ont plombé le projet. Avec Dara Khosrowshahi, Uber a fini par vendre ATG à Aurora en 2020, tout en gardant des participations, comme aussi dans Lime ou Joby Aviation. Le groupe sortait des moonshots. Pas de l’autonomie pour toujours.
Robotaxis, flottes et livraisons, Uber a mis des billes partout
Depuis 2022, et surtout en 2024, la machine est repartie. Mais en mode puzzle géant. Uber s’est branché à Waymo, WeRide, Baidu, Momenta, May Mobility, Motional, Zoox ou encore Mercedes-Benz. À côté, il a aussi verrouillé les couches techniques avec Nuro, Nvidia et Wayve.
Les montants donnent le ton. Uber a promis 300 millions de dollars puis 200 millions de dollars de plus à Lucid, avec au moins 35.000 véhicules commandés. Son engagement total envers Nuro tournerait autour de 500 millions de dollars. Et il a aussi investi chez Rivian, Waabi, Wayve, WeRide, Avride, Flytrex ou Verne. On n’est plus dans le test sympa, là.
Le vrai terrain de jeu dépasse la voiture
Ce qui frappe, c’est la largeur du terrain. Uber Eats tourne déjà avec des robots de trottoir signés Avride, Cartken, Coco, Serve Robotics et Starship Technologies. Côté drones, il y a Flytrex. Côté exploitation pure, Avomo, Hertz, Tawasul et New Horizon gèrent nettoyage, recharge, maintenance ou dépôts.
Et le fret n’est pas un bonus. Uber Freight travaille avec Aurora, Volvo Autonomous Solutions et Torc Robotics. Waabi aussi s’est rapproché du groupe, avec jusqu’à environ 250 millions de dollars liés au déploiement futur de robotaxis.
Pourquoi ça compte maintenant ?
Le plus important, ce n’est pas juste le nombre de deals. C’est la carte du monde. Munich, Tokyo, Londres, Abu Dhabi, Dubai, Madrid, Zurich, Los Angeles, San Francisco, Dallas, Houston, Zagreb. Uber place ses pions partout, souvent avec opérateur de sécurité au départ, puis avec l’idée de passer au vrai sans conducteur.
Il y a des ratés, bien sûr. Le partenariat avec Cruise est mort avec la fin du robotaxi chez GM. Celui avec Waymo s’est même réduit, avec l’arrêt de Phoenix. Mais l’image globale reste limpide. Uber ne veut plus gagner la course avec une seule voiture. Il veut contrôler l’autoroute entière.