Uber revoit en profondeur ses standards de sécurité aux États-Unis

Après des plaintes liées à des agressions sexuelles, Uber élargit les condamnations éliminatoires pour ses chauffeurs aux États-Unis.

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Image d'illustration. Uber — ADN

En bref

  • Uber élargit les motifs d’exclusion aux États-Unis.
  • Le contrôle passe d’une trace SSN de 7 à 99 ans.
  • Des dizaines de milliers de chauffeurs pourraient sortir.

Des dizaines de milliers de chauffeurs et livreurs pourraient disparaître de la plateforme de Uber aux États-Unis. C’est l’effet attendu du nouveau tour de vis lancé lundi par l’entreprise, qui promet un contrôle d’antécédents plus sévère que jamais. Et vu le contexte, ce n’est pas un simple réglage administratif.

Des milliers de comptes dans le viseur

Selon Bloomberg, ces nouvelles règles pourraient aboutir à l’exclusion de dizaines de milliers de personnes, soit environ 0,5% de la main-d’œuvre américaine de Uber. La société commence à déployer ce standard dès maintenant pour ses chauffeurs comme pour ses livreurs.

Le point clé, c’est l’ampleur du filtre. Uber ne parle plus seulement d’un tri classique à l’entrée, mais d’un cadre renforcé qui servira aussi au réexamen annuel des comptes existants. Bref, la porte se referme plus vite, et elle peut aussi se rouvrir dans l’autre sens.

Une liste de condamnations beaucoup plus large

Les exclusions vont désormais plus loin. Des crimes violents comme le vol à main armée, l’agression aggravée ou l’incendie criminel rendent un candidat inéligible, même si la condamnation remonte à plus de sept ans. Même logique pour la maltraitance d’enfants, la mise en danger d’enfants, l’étranglement ou le harcèlement obsessionnel.

À côté de ça, Uber maintient ses interdictions déjà en place pour les agressions sexuelles, les crimes sexuels impliquant des mineurs, les infractions sexuelles, l’enlèvement, le meurtre, l’homicide ou encore le terrorisme.

Sur les sept dernières années, une condamnation pour conduite en état d’ivresse, excès de vitesse, conduite dangereuse, vol, fraude, dégradations, infractions liées aux armes, harcèlement ou violation d’une ordonnance de protection bloque aussi l’accès. Et sur les trois dernières années, conduire sans permis ou sans assurance suffit à faire sauter le dossier.

Pourquoi Uber serre la vis maintenant ?

Le timing ne tombe pas du ciel. Des actionnaires ont attaqué les dirigeants et le conseil d’administration de Uber, en leur reprochant d’avoir trop peu investi dans la sécurité des clients et installé une culture de non-conformité. Dans cette procédure, ils estiment que ces manquements ont contribué aux agressions sexuelles et au harcèlement subis par des passagers.

Ce passif colle à Uber depuis des années. L’entreprise a déjà affronté plusieurs vagues de plaintes pour agressions sexuelles. Récemment, elle a aussi accepté de verser environ 8,5 millions de dollars pour régler le dossier d’une plaignante de 19 ans qui accusait un chauffeur de l’avoir violée en Arizona. Là, on comprend mieux l’urgence.

Une exception très ciblée pour certains anciens chauffeurs

Uber garde quand même une porte entrouverte pour certains chauffeurs de longue date. Si leur condamnation criminelle remonte à plus de 15 ans, qu’elle n’est pas de nature sexuelle, et qu’ils n’ont pas reçu de plainte grave liée à la sécurité interpersonnelle, ils pourront rester sur la plateforme.

L’entreprise dit considérer que c’est la bonne chose à faire pour des conducteurs qui ont reconstruit leur vie et montré un bon comportement sur et hors plateforme. Cette exception concernerait environ 2000 chauffeurs dans le pays.

Le changement technique qui rend le filtre plus dur

Jusqu’ici, Uber utilisait aux États-Unis une trace SSN sur sept ans. Désormais, l’entreprise passe à une recherche sur 99 ans, donc en pratique à vie, pour le contrôle initial comme pour le rescreening annuel.

Les vérifications sont menées par des prestataires tiers, qui consultent des sources fédérales, nationales, locales et étatiques, mais aussi les dossiers des tribunaux fédéraux, le site public national des délinquants sexuels, des listes de sanctions internationales et des bases utilisées pour repérer des suspects liés au terrorisme. Sur le papier, Uber muscle vraiment son bouclier. Il était temps, quand même.

Jordan Servan

Spécialiste Tech

Rédacteur sur Begeek.fr depuis 2014, passionné par les jeux vidéo, les séries TV et le cinéma.

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