Threads gagne en autonomie face à Instagram et Facebook

Image d'illustration. ThreadsADN
Threads franchit les 500 millions d’utilisateurs mensuels. La poussée vient des communautés, mais Meta évite toujours de montrer ses chiffres quotidiens.
En bref
- Meta indique une forte croissance de Threads mais ne publie plus de chiffre précis d’utilisateurs actifs quotidiens, ce qui rend la mesure de son poids réel plus floue.
- L’application gagne en autonomie, avec une croissance jugée de plus en plus organique et un usage direct plutôt que dépendant d’Instagram ou Facebook.
- La dynamique est portée par une forte progression en Asie et de nouvelles fonctionnalités, mais la monétisation reste limitée et Threads n’est pas encore un moteur majeur de revenus pour Meta.
Le chiffre claque, mais le trou dans la raquette saute vite aux yeux. Meta annonce que Threads a passé les 500 millions d’utilisateurs mensuels ce mois-ci, soit environ 100 millions de plus depuis août dernier. En revanche, pour les utilisateurs quotidiens, silence radio ou presque. Et ça change quand même la lecture du succès.
Un gros cap, avec un angle mort bien pratique
Le dernier pointage officiel sur les usages quotidiens remontait à octobre 2025, avec 150 millions d’utilisateurs actifs par jour. Cette fois, Meta se contente de dire que l’indicateur progresse fortement sur un an à l’échelle mondiale, sans lâcher de total précis.
Bon, on connaît la musique. Les chiffres mensuels sont toujours plus flatteurs. Ça n’enlève pas la performance, parce que Threads approche de son troisième anniversaire le mois prochain et rester à ce niveau n’a rien d’automatique. Mais sans DAU à jour, difficile de mesurer à quel point le réseau pèse vraiment dans le quotidien des gens.
La machine Instagram compte moins qu’avant
Au départ, Threads a profité à fond du savoir-faire maison de Meta. L’app s’est appuyée sur les abonnements venus d’Instagram, pendant que des posts viraux remontaient dans les fils d’Instagram et de Facebook. Le bootstrap version boss final.
Cette fois, l’entreprise assure que la croissance récente est plus organique. En gros, davantage d’utilisateurs ouvriraient directement Threads au lieu d’y arriver via ses autres applis. Si c’est vrai, c’est probablement la meilleure nouvelle du lot, parce qu’un réseau social qui ne vit que sous perfusion interne finit souvent par tourner en rond.
L’Asie accélère, les communautés deviennent le vrai moteur
Meta attribue une partie de cette poussée à ses communautés intégrées. Et la boîte met aussi en avant une vraie traction en Asie. En Corée du Sud, le temps passé grimpe de 80% sur un an. Au Japon, c’est encore plus net, avec 130%.
Ce n’est pas anodin. Quand un service textuel gagne du temps d’usage sur ces marchés-là, ce n’est pas juste un feu de paille lié au téléchargement. Ça veut dire qu’il se passe quelque chose dans les habitudes.
Nouvelles fonctions, vieux problème de monétisation
Pour pousser ce virage, Threads ajoute un hub de découverte pour trouver des groupes plus facilement, des badges pour les meilleurs contributeurs et prévoit d’ouvrir ses live chats à tout le monde d’ici juillet 2026. Il y a aussi les réglages your algo, une version plus discrète des anciens posts dear algo, qui permettaient déjà de demander des ajustements temporaires à l’algorithme.
Mais le plus intéressant est presque ailleurs. Malgré le déploiement des publicités dans 200 pays plus tôt cette année, Susan Li, directrice financière de Meta, a expliqué en avril dernier que le service ne devrait pas être un moteur significatif de croissance du revenu en 2026. Et pendant que Mark Zuckerberg voit toujours l’horizon du milliard, Threads reste pour l’instant une machine à engagement avant d’être une machine à cash. Ce n’est déjà pas si mal.