En bref
- Warner Bros. a retiré une vidéo liée à Supergirl
- Des fans soupçonnent des concept arts générés par IA
- La controverse aggrave un lancement déjà compliqué
Le plus gênant, pour Warner Bros., n’est peut-être pas le soupçon lui-même. C’est le retrait de la vidéo. Quand un studio supprime un contenu après une salve de commentaires, vous obtenez aussitôt autre chose qu’une simple critique, une vraie crise d’image.
Une suppression qui en dit long
D’après The Direct, DC Studios et Warner Bros. avaient mis en ligne sur YouTube une featurette consacrée aux coulisses de Supergirl. On y apercevait notamment des concept arts de Lobo. Très vite, les commentaires ont pointé un détail précis, l’apparence de visuels qui semblaient issus d’une IA générative.
Ni DC Studios ni Warner Bros. n’ont confirmé ou infirmé ces accusations. Mais la vidéo a disparu. Et non, ça n’a pas calmé les choses. Sur X, plusieurs internautes ont interprété cette suppression comme la preuve qu’on cherchait surtout à faire disparaître une bévue devenue virale.
Un film déjà fragilisé avant cette affaire
Ce qui complique tout, c’est le contexte. Les attentes étaient élevées après Superman, le précédent film du DCU, et Supergirl n’a pas suivi au box-office. Résultat ? Chaque nouveau faux pas pèse plus lourd.
Le film traînait déjà pas mal de reproches. Certains visaient des modifications du matériau d’origine, surtout dans l’intrigue. D’autres regrettaient une direction visuelle moins colorée que celle du comics, ou des écarts de ton, notamment autour d’un moment musical devenu tristement célèbre. Il y a aussi eu des réactions sur une sous-intrigue liée au trafic sexuel d’enfants, jugée par une partie du public difficile à concilier avec un film censé être lumineux et pensé pour de jeunes filles, même si d’autres y voyaient quelque chose de pertinent.
Et c’est presque ironique, un des points souvent salués concernait justement Jason Momoa en Lobo.
Pourquoi la réaction du public est si vive
Pour l’instant, l’usage réel de l’IA n’est pas établi. Il faut le dire. Mais la colère en ligne ne porte pas seulement sur une technique, elle touche à ce qu’un studio choisit de montrer de sa fabrication.
Sur X, plusieurs messages résument la même idée en substance, si ces images ont bien été générées, pourquoi ne pas avoir simplement payé un artiste pour les dessiner ? Certains y voient une solution plus rapide ou moins chère, donc une forme de raccourci assez malvenu sur une production de cette taille. D’autres vont plus loin et se demandent si ce bref aperçu ne cache pas un usage plus large.
Le sujet dépasse Supergirl. Dès qu’un blockbuster laisse planer un doute sur la place des artistes dans sa chaîne créative, ce n’est plus seulement un débat de fans. C’est aussi une question de confiance, et elle risque de peser sur les prochains making-of autant que sur les prochains films.