Power Rangers a raté l’anime que Melissa Flores voulait lancer

Melissa Flores raconte avoir défendu une série animée façon anime pour Power Rangers. Le projet n’a jamais abouti, et la raison en dit long sur la licence.

Power Rangers
Image d'illustration. Power Rangers — Hasbro / PR-ADN

En bref

  • Melissa Flores voulait un anime Power Rangers
  • Le projet butait sur l’ADN live-action
  • Hasbro n’a toujours pas franchi le cap

Il y a quelque chose d’assez étrange avec Power Rangers. La licence a touché à presque tous les formats possibles, des films aux jeux vidéo, des comics aux jouets, mais jamais à la série animée. Alors que, visiblement, l’idée a bien circulé en interne.

Une franchise partout, sauf là où on l’attendait

Depuis des années, les fans réclament une version animée de Power Rangers. Et pas juste un test discret ou un bonus anecdotique, plutôt un vrai projet capable d’emmener la marque ailleurs. C’est d’autant plus frappant que la franchise existe déjà en séries télé, en longs-métrages, en romans graphiques, en jeux de société, en comics et en produits dérivés en pagaille.

Résultat ? L’absence de l’animation finit presque par ressembler à un angle mort éditorial. Surtout aujourd’hui, quand l’animation sait parler à plusieurs publics en même temps, des enfants aux fans adultes.

Melissa Flores voulait un vrai virage anime

Dans un entretien accordé à PwrRngr, Melissa Flores, ex-directrice de marque en charge des contenus et du développement pour Power Rangers, explique qu’elle a poussé très fort une version animée pensée comme un anime, avec une influence manga assumée. Elle dit même, en français, « J’ai défendu très fort, quand j’étais cadre, une version anime de Power Rangers. Animée, mais vraiment anime, manga, très anime ».

Son idée n’était pas juste esthétique. Pour elle, ce médium collait naturellement à la franchise, notamment pour les scènes d’action. Mais aussi pour retrouver ce que les comics de BOOM! avaient réussi selon elle, un équilibre entre récit familial, enjeux plus adultes, vrai développement des personnages et sentiment de risque réel.

Elle ajoute qu’elle n’a jamais réussi à faire aboutir ce projet. Et c’est là que le sujet devient intéressant.

Le frein, c’est aussi l’ADN live-action de Power Rangers

Melissa Flores reconnaît que ce qui a longtemps rendu Power Rangers spécial, c’est sa dimension live-action. En gros, l’identité historique de la marque a aussi servi de verrou. Elle pensait pourtant qu’une série animée aurait pu faire évoluer la franchise, comme l’ont fait les comics, HyperForce ou les jeux vidéo, en ouvrant un autre registre sans casser l’existant.

Son raisonnement est assez simple. Les fans plus âgés aiment la série live-action, mais ils savent aussi qu’elle vise d’abord les enfants. L’animation aurait permis de produire un contenu pensé pour eux aussi, tout en restant assez accessible pour ne pas perdre le public plus jeune.

Quand Hasbro a racheté la licence, on pouvait croire que ce saut vers l’animation allait enfin se faire. Ce n’est toujours pas arrivé. À la place, une nouvelle série live-action est en développement et les premiers plans d’un nouveau film existent déjà.

Mais le vrai sujet est peut-être là. Si Power Rangers veut encore grandir sans tourner en rond, il faudra bien, un jour, accepter qu’une marque peut garder son ADN sans rester bloquée dans son format d’origine.

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