En bref
- Sean Connery a insulté Michael Bay sous pression
- Une cascade sous l’eau a déclenché sa colère
- The Rock a pourtant été un énorme succès
Le cinéma d’action adore vendre du contrôle. Sur un plateau, c’est souvent l’inverse. Et sur The Rock, une cascade mal vécue par Sean Connery a suffi à le faire sortir de ses gonds face à Michael Bay.
Une cascade de trop pour Connery
Dans les souvenirs racontés par Michael Bay en 2011 à GQ, l’incident arrive pendant une scène particulièrement risquée. Pour protéger le visage de Sean Connery d’une boule de feu qui passait au-dessus de l’eau, des SEALs américains le maintenaient sous la surface. Le problème, c’est que l’acteur, qui avait environ 65 ans pendant le tournage, n’a pas du tout apprécié d’être à moitié noyé pour les besoins du plan.
Quand il remonte, il s’en prend directement au réalisateur. Michael Bay se souvenait qu’il l’appelait « garçon », puis qu’il avait lâché « espèce de suceur de bites ». C’était le dernier jour de prise pour Connery, et retenir sa respiration sous l’eau n’était clairement pas son idée du bon moment. On peut le comprendre quand même.
The Rock, gros délire d’action devenu énorme succès
Ce qui est amusant, c’est que The Rock reste aujourd’hui presque sage à côté des futurs films de Bay, notamment ses Transformers. Pourtant, le film de 1996 ne fait pas dans la demi-mesure. Le général renégat Hummel, joué par Ed Harris, détourne des roquettes chargées de gaz VX, les installe sur Alcatraz et menace San Francisco pour obtenir 100 millions de dollars, soit environ 85 millions d’euros.
Pour l’arrêter, le gouvernement envoie John Mason, incarné par Sean Connery, seul homme connu pour s’être échappé d’Alcatraz, accompagné de Stanley, expert timide des armes chimiques joué par Nicolas Cage. Une théorie de fans imagine même que Mason serait en fait une version cachée de James Bond. Absurde, oui. Efficace aussi. Le film a rapporté plus de quatre fois son budget de 75 millions de dollars, soit environ 64 millions d’euros.
Un acteur légendaire, pas vraiment patient
L’accrochage avec Michael Bay n’a rien d’un accident isolé. Jerry Bruckheimer racontait que Sean Connery pouvait s’agacer pour des raisons très concrètes, par exemple en voyant une énorme grue sur le plateau sans qu’elle soit utilisée. À ses yeux, c’était de l’argent jeté par les fenêtres.
Et quand Connery se mettait en colère, les mots partaient vite, souvent vers Bay. Sa réputation allait d’ailleurs au-delà de The Rock. Sur The League of Extraordinary Gentlemen, il aurait eu des rapports si tendus avec le réalisateur Steve Norrington que ce dernier aurait fini par lui demander de le frapper, d’après Far Out Magazine.
Plus tôt dans sa carrière, sur Another Time, Another Place en 1957, son tempérament lui avait même servi. Le compagnon de Lana Turner, le gangster Joey Stompanato, serait arrivé armé sur le plateau, persuadé que l’acteur tournait autour d’elle. Connery l’aurait frappé puis désarmé. Bref, voir ce même homme refuser d’être plaqué sous l’eau par des militaires, ça dit aussi quelque chose de l’époque, de la méthode Bay et de ce que le cinéma d’action demandait encore à ses stars.