Pourquoi Farsight a déjà le profil du prochain phénomène horrifique

FarsightStudio Noori / PR-ADN
Annoncé début juin, Farsight transforme les images d’examen de vue en cauchemar liminal. Et il arrive au moment exact où Hollywood regarde enfin ce genre.
En bref
- Farsight mise sur l’horreur liminale
- Le jeu recycle l’imagerie des examens de vue
- Hollywood pourrait vite s’y intéresser
Le plus intéressant avec Farsight, ce n’est pas seulement son concept. C’est son timing. Au moment où Backrooms domine un week-end important au box-office, et où les adaptations de jeux paraissent plus solides que des franchises de super-héros en perte de vitesse, ce petit jeu d’horreur liminale arrive avec un parfum d’évidence.
Le bon jeu au bon moment
L’horreur née sur Internet ne reste plus cantonnée aux marges. On l’a vu avec Backrooms, on l’avait déjà senti avec Skinamarink et I Saw the TV Glow. Ce qui paraissait trop étrange, trop diffus, trop codé web pour le grand public commence à trouver sa place ailleurs, y compris au cinéma.
Et c’est là que Farsight tombe juste. Son idée est simple, presque absurde sur le papier, mais redoutablement lisible, prendre une image gravée dans la mémoire de pas mal de monde et la pousser vers quelque chose de franchement inquiétant. Pour ce genre, c’est souvent comme ça que ça marche.
Un cauchemar construit sur un souvenir minuscule
Annoncé le 1ᵉʳ juin 2026 via IGN, le jeu de Studio Noori se présente comme une expérience d’horreur à la première personne enfermée dans l’univers visuel d’une machine d’examen de la vue. Vous voyez sans doute l’image. La maison au loin, posée au bout d’un chemin dans un champ vide. Ou cette montgolfière suspendue au-dessus d’une route, au milieu de presque rien.
Ces visuels, utilisés dans l’autorefractomètre chez l’opticien, traînent depuis des années dans l’esthétique des espaces liminaux. Pas pour rien. Ils ont ce mélange rare de familiarité et de vide, comme un décor d’enfance mal rangé dans la mémoire. Résultat ? Un matériau parfait pour une horreur qui préfère le malaise au jump scare.
Ce que le jeu raconte, et pourquoi Hollywood devrait regarder
Sur son site officiel, Studio Noori explique que le joueur sera piégé dans le monde de la machine d’examen et devra traverser des espaces étranges pour comprendre ce qui se passe et rentrer chez lui. On y incarne Noah, un jeune garçon dont la visite chez l’opticien dérape. Quand l’examen commence, la clinique disparaît. À la place, il reste de vastes champs, un ciel pâle, une montgolfière, des silhouettes au loin et une maison-refuge aux fenêtres accueillantes. La date de sortie, elle, n’est pas encore connue.
Ce cadre rappelle pourquoi Kane Parsons avait trouvé un terrain aussi fertile avec Backrooms. Mais le mouvement est plus large. En 2023, Kyle Edward Ball signait Skinamarink, film bricolé pour environ 13 000 euros (15 000$) et monté jusqu’à environ 1,9 million d’euros (2,1 millions$). Pas un blockbuster, non. Mais un signal.
Le vrai sujet est là. Hollywood commence à comprendre que l’horreur contemporaine puise aussi dans les images du web, dans le weirdcore, l’analog horror, les souvenirs numériques détraqués. Farsight n’est pas encore un film. Mais il coche déjà pas mal de cases que l’industrie regarde désormais de très près.