Pamela Anderson dans Barb Wire : une icône cyberpunk malgré elle
Déroutant à sa sortie, ce remake futuriste de Casablanca attire aujourd’hui les amateurs de pépites underground.
Tl;dr
- Sorti en 1996, Barb Wire avec Pamela Anderson fut un échec critique et commercial à sa sortie.
- Adaptant librement Casablanca dans un univers dystopique et cyberpunk, le film mêle action débridée et esthétique kitsch.
- Aujourd’hui, il est réhabilité comme œuvre culte, apprécié pour son audace, malgré son éloignement marqué des comics originaux.
Un héritage inattendu pour Barb Wire
En 1996, le film Barb Wire réalisé par David Hogan débarquait sur les écrans, misant sur l’aura sulfureuse de Pamela Anderson, alors tout juste sortie du phénomène Baywatch aka Alerte à Malibu par chez nous. Pourtant, rien ne laissait présager que ce long-métrage, boudé par la critique et le public lors de sa sortie, connaîtrait un jour une seconde vie auprès des amateurs de cinéma décalé.
Une relecture audacieuse de Casablanca en mode science-fiction
Dans cette adaptation librement inspirée du classique Casablanca, l’intrigue se transporte dans un futur dystopique : les États-Unis y sont déchirés par une nouvelle guerre civile, et la ville fictive reste le dernier bastion de liberté. Pamela Anderson incarne Barb Kopetski, tenancière du club Hammerhead et chasseuse de primes désabusée. Intransigeante, elle n’hésite pas à éliminer physiquement ceux qui lui manquent de respect – la scène où elle tue un client avec son talon aiguille reste mémorable. Son quotidien bascule lorsqu’elle recroise Axel, un ancien amour incarné par Temuera Morrison, accompagné de sa compagne, la docteure Devonshire. Ces derniers cherchent à fuir vers le Canada pour dévoiler des informations sensibles ; mais Barb acceptera-t-elle de leur venir en aide ?
Les clins d’œil au film originel sont nombreux : exit visas transformés en lentilles high-tech pour tromper des contrôles biométriques, uniformes évoquant l’imagerie nazie… Tout y est, mais transposé dans un univers cyberpunk.
D’un échec cuisant au statut d’objet culte
À sa sortie, Barb Wire a fait l’objet de vives critiques : narration jugée laborieuse, jeu outrancier attribué à Pamela Anderson. Le box-office ne suit pas non plus : à peine 3,8 millions de dollars récoltés pour un budget modeste de neuf millions. Cependant — c’est souvent le cas avec certains films mésestimés — le temps opère parfois comme révélateur. Peu à peu, une communauté de fans séduit par son esthétique kitsch et son absence totale d’autocensure s’est constituée. Aujourd’hui comparé positivement à des œuvres telles que Showgirls, le film intrigue par sa folie douce typique des années 1990.
L’origine comics et l’écart avec le film
Pour mieux comprendre ce phénomène, il faut remonter à la source : les comics Barb Wire, créés en 1993 par Chris Warner et publiés chez Dark Horse Comics. L’univers y est nettement plus extravagant encore : invasion extraterrestre dès les années 1930, mutations dues aux radiations nucléaires et apparition de super-pouvoirs… Une base qui sera largement épurée lors du passage au grand écran.
Force est de constater que si la version cinéma n’a pas convaincu immédiatement, elle bénéficie aujourd’hui d’un regard neuf. À défaut d’être disponible en streaming, quelques éditions Blu-ray permettent aux curieux (et nostalgiques) de redécouvrir ce drôle d’OVNI cinématographique devenu culte malgré lui.