En bref
- Peter Jackson confirme écrire un nouveau Tintin
- Le film n’a toujours aucun feu vert officiel
- Paramount doit juger un pari coûteux
Le plus intéressant, ici, n’est pas que Peter Jackson reparle de Tintin. C’est qu’après quinze ans, le projet existe encore sur le papier, alors même que tout autour, le marché a changé.
Un retour, oui, mais pas encore un feu vert
Interrogé par Gold Derby, Peter Jackson explique que lui et Fran Walsh viennent de terminer l’écriture du script du prochain film Tintin. Il rappelle aussi le plan d’origine, lancé après le premier opus de 2011, avec Steven Spielberg à la réalisation et lui à la production. L’idée, à l’époque, était simple, presque élégante, les rôles devaient ensuite s’inverser pour le deuxième film.
Jackson résume ça avec une franchise assez désarmante : « L’idée, c’était que j’enchaîne directement sur un deuxième, et que nous échangions les rôles. » Il ajoute que cela a pris quinze ans, un peu tard, mais que l’histoire reste intemporelle. Et, surtout, que le prochain long métrage qu’il dirigerait serait probablement un Tintin.
Pourquoi Tintin n’a jamais vraiment décollé au cinéma
Le premier film n’a pas raté sa cible critique. Il a même plutôt bien vieilli. À sa sortie, The Adventures of Tintin avait reçu des avis globalement positifs, avec 75 % sur Rotten Tomatoes, notamment pour son souffle d’aventure très pulp, un terrain que Spielberg maîtrise mieux que pas mal de monde.
Mais au box-office, c’était plus nuancé. Le film a rapporté 373,9 millions de dollars dans le monde, soit environ 344 millions d’euros (373,9 millions de dollars), pour un budget de 135 millions de dollars, environ 124 millions d’euros (135 millions de dollars). Pas un échec, non. Pas le carton espéré non plus. Le vrai signal faible, c’est l’Amérique du Nord, qui ne représentait que 20,7 % du total mondial.
Le vrai problème, c’est l’économie d’une suite
Voilà le nœud du dossier. Tintin n’est pas une marque massivement installée auprès du public américain, et une suite lancée aussi tard n’a rien d’un réflexe industriel. On peut aimer le premier film, constater qu’il a gagné des défenseurs avec le temps, et rester prudent sur sa capacité à attirer davantage de monde aujourd’hui.
Il faut aussi regarder la mécanique de production. Un film de ce type, avec performance capture et animation, coûte cher à fabriquer. Or le box-office international, longtemps utilisé comme filet de sécurité, est devenu plus fragile après la pandémie. Paramount devra donc mesurer un risque très concret, financer un projet techniquement lourd pour une franchise qui reste assez niche.
Le poids de Spielberg et Jackson ne suffira peut-être pas
Et c’est là que la nostalgie montre ses limites. Si The Adventures of Tintin avait été un gros succès en 2011, la suite pourrait se vendre comme le retour attendu d’une série adorée. Là, le récit est moins simple.
Le projet traîne depuis une décennie et demie et n’est toujours pas proche d’un tournage. En gros, écrire un script ne garantit rien. La décision appartient à Paramount, même si Spielberg et Jackson gardent un poids énorme à Hollywood. Sauf que le premier n’incarne plus automatiquement les records du box-office, et que le second n’a plus réalisé de long métrage de fiction depuis 2015. Le film peut encore exister. Mais ce dossier raconte déjà autre chose, la difficulté croissante à ressusciter des franchises qui n’avaient pas vraiment conquis le public au premier passage.