- Après la restriction de Telegram en Inde, les VPN et outils de contournement (Proton VPN, Turbo VPN, NordVPN, ExpressVPN) ont connu des hausses massives de téléchargements et d’utilisations.
- D’autres applications de messagerie comme Signal, Viber et iMe ont aussi explosé en popularité, avec des pics parfois spectaculaires liés à l’exploration d’alternatives.
- Malgré le blocage, Telegram n’a pas été déserté, avec une hausse de l’activité et des tentatives d’accès, dans un contexte de restriction temporaire justifiée par des risques de fraude liés à un examen national.
Le vrai thermomètre de cette affaire, ce sont les VPN. Lors de l’annonce du blocage de Telegram en Inde, Appfigures dit avoir vu la plus grosse journée de téléchargements de VPN dans le pays depuis au moins le début de 2026. On passe d’une moyenne récente de 139.000 téléchargements quotidiens à 208.000, soit +49%. Ça pose tout de suite l’ambiance.
Les VPN ont pris le relais en quelques heures
Chez Proton VPN et Turbo VPN, le pic est franchement brutal. Sur l’App Store d’Apple en Inde, Proton VPN grimpe de 113% et Turbo VPN de 85%. Sur Google Play, Proton VPN monte encore de 64%, Turbo VPN de 35%, pendant que NordVPN progresse de 41% sur l’App Store et qu’ExpressVPN prend 31% sur Google Play.
Et ça s’est vu dans les classements. Entre le 16 et le 18 juin 2026, Proton VPN passe de la 18ème à la 5ème place dans la catégorie utilitaires de l’App Store, et de la 8ème à la 2ème place dans la catégorie outils de Google Play. Même son de cloche chez Windscribe, qui évoque des inscriptions environ 100% au-dessus de son niveau habituel, et chez Surfshark, qui dit avoir vu la connectivité depuis l’Inde augmenter d’environ 30%. Sensor Tower, de son côté, parle d’une hausse de 10% des téléchargements de la catégorie VPN au 17 juin 2026, après deux semaines de baisse.
Signal, Viber et iMe profitent aussi de la secousse
Le réflexe n’a pas été seulement de contourner le blocage. Il y a aussi eu du test, du déplacement, de l’exploration. Signal bondit de 72% sur l’App Store et de 322% sur Google Play en Inde, pendant que Viber prend 216% sur l’App Store.
Le cas le plus violent, c’est iMe, une messagerie liée à Telegram. D’après Appfigures, ses téléchargements sur Google Play passent d’une moyenne récente d’environ 827 à 50.900 le 16 juin 2026. Là, on n’est plus dans le frémissement. On est dans le sprint.
Bloqué, mais pas déserté
C’est là que l’histoire devient intéressante. Le blocage n’a pas immédiatement vidé Telegram. Sensor Tower affirme même que les utilisateurs actifs quotidiens de l’app en Inde ont grimpé de 17% le jour de l’annonce, sa plus forte hausse quotidienne dans le pays depuis la panne géante des services de Meta en 2021.
Autre indice, relevé par Cloudflare Radar. Les requêtes DNS vers les domaines de Telegram ont fortement augmenté dans les deux jours suivant la mesure. Prudence quand même, Cloudflare rappelle que ça ne prouve pas un accès réussi. Ça peut aussi raconter des utilisateurs qui essaient encore et encore.
Pourquoi l’Inde a bloqué Telegram, et pourquoi ça compte ?
Le gouvernement de l’Inde a restreint Telegram jusqu’au 22 juin 2026, en expliquant que des fraudeurs utilisaient la plateforme autour du nouveau passage du NEET, l’examen d’entrée le plus massif du pays, pour diffuser de faux sujets et des arnaques. Telegram a contesté la décision devant la Delhi High Court, en plaidant qu’il fallait viser des contenus précis plutôt que bloquer toute la plateforme.
Ses avocats ont aussi rappelé que des canaux signalés par les autorités avaient été supprimés, et que l’application revendique plus de 150 millions d’utilisateurs en Inde. En face, le gouvernement a défendu une réponse temporaire, liée à l’événement. Récemment, la Delhi High Court a validé la restriction, estimant que la procédure d’urgence avait bien été suivie. Et ce n’est pas un cas isolé, Surfshark recense aujourd’hui Telegram bloqué dans 13 pays et perturbé dans au moins 40 autres. Le web trouve toujours une sortie, clairement.