En bref
- Tenet révèle enfin qui manipule l’opération
- Neil meurt pour fermer la boucle temporelle
- Sator veut détruire passé et futur
La fin de Tenet ne sert pas seulement à embrouiller le spectateur. Elle recadre tout. Le héros sans nom, joué par John David Washington, n’est pas juste un pion dans une guerre temporelle, il en est aussi le futur chef. Et c’est là que Christopher Nolan joue son vrai tour de passe-passe.
Un film opaque, mais des enjeux très clairs
Pendant une bonne moitié, Tenet suit encore une logique de blockbuster d’espionnage. Puis arrivent la salle rouge et bleue, les dialogues en sens opposé et les combats entre personnages masqués. Forcément, ça se complique.
Mais le fond, lui, reste assez net. Le Protagoniste cherche à empêcher une Troisième Guerre mondiale. En face, Sator, incarné par Kenneth Branagh, rassemble les neuf pièces de l’Algorithme, un dispositif capable d’inverser l’entropie du monde, donc d’anéantir tout ce qui a vécu. Même le fils de Kat, le film le dit explicitement.
Le scénario arrose tout ça d’énormes blocs d’exposition, avec la scientifique jouée par Clémence Poésy ou les discussions entre le héros et Neil. Ce n’est pas toujours léger, mais ça suffit pour comprendre l’essentiel.
Le vrai plan de Sator dépasse le simple méchant de service
Là où le film devient plus intéressant, c’est dans la motivation de Sator. Il échange avec des gens du futur, jamais montrés à l’écran, qui pensent pouvoir effacer les ravages du changement climatique en détruisant le passé.
L’Algorithme a été créé par une scientifique du futur, comparée à J. Robert Oppenheimer, avant qu’elle ne se suicide. Sator, lui, veut reproduire ce geste. Il est condamné par un cancer et porte un déclencheur lié à sa montre connectée. À sa mort, le monde saute. Résultat ? Son obsession pour Kat devient aussi une logique de destruction totale, presque enfantine, si lui ne peut plus l’avoir, personne n’aura rien.
La bataille finale fonctionne comme une pince dans le temps
Le dernier acte mélange deux opérations en une. D’un côté, Kat repart vers le yacht au Vietnam, là où elle avait vu une femme plonger plus tôt dans le film. Cette femme, c’était elle-même, revenue pour retarder Sator. Le détail du masque à oxygène pose question, mais le film suggère qu’elle a réutilisé le Turnstile pour revenir ensuite dans un flux temporel normal.
De l’autre, en Russie, le Protagoniste, Neil et Ives, joué par Aaron Taylor-Johnson, lancent l’assaut final. Équipe rouge vers l’avant, équipe bleue à rebours. Les bâtiments se reconstruisent avant d’exploser à nouveau, et un petit groupe descend récupérer l’Algorithme dans un tunnel souterrain.
Neil est la clé, le Protagoniste aussi
Au fond du tunnel, le corps masqué avec une corde rouge dans la poche n’est pas un détail, c’est Neil. On comprend qu’il menait sa propre pince temporelle à l’intérieur de la bataille, avec plusieurs versions de lui-même en circulation. C’était aussi lui, l’allié masqué du début à l’opéra.
Le plus fort, quand même, c’est la révélation finale, Neil explique indirectement que c’est le Protagoniste du futur qui l’a recruté. Leur amitié se termine donc pour l’un au moment précis où elle commence pour l’autre. Ives repart avec un tiers de l’Algorithme, prêt à éliminer quiconque en découvrirait les secrets. Puis le héros sauve Kat de Priya, jouée par Dimple Kapadia, et comprend qu’il dirige lui-même l’organisation Tenet.
Le film ne devient pas soudain limpide. Mais sa fin dit quelque chose de très précis sur le cinéma de Nolan, moins obsédé par la clarté parfaite que par la foi dans son propre mécanisme. Et vous, c’est souvent là que ça passe, ou que ça casse.