En bref
- Netflix a stoppé The OA après deux saisons
- Les fans ont lancé une mobilisation rare
- Un retour reste possible, sans garantie
Sept ans, sur le papier, c’est long. Pour The OA, ça n’a pourtant rien réglé. L’annulation décidée par Netflix en août 2019 reste une de ces coupures que les abonnés n’ont jamais vraiment encaissées, parce qu’elle a frappé une série encore en mouvement, encore en train d’ouvrir des portes.
Une annulation qui n’a jamais vraiment été digérée
Ce qui rend le cas The OA si tenace, c’est son statut de série inachevée. Deux saisons seulement, puis plus rien. Et comme souvent avec les œuvres stoppées en plein élan, le vide a presque renforcé la fascination.
Les deux chapitres sont toujours visibles sur Netflix, mais l’absence de suite continue de nourrir la légende. Pas juste parce que la série était appréciée. Parce qu’elle semblait aller quelque part, avec une vraie trajectoire, pas un simple concept jeté sur une plateforme.
Un projet pensé trop grand pour durer
Dès le départ, Brit Marling et Zal Batmanglij avaient imaginé une histoire en cinq parties. Une architecture lourde, ambitieuse, risquée. En gros, un projet qui demandait du temps, de l’argent et une vraie confiance sur la durée.
La saison 2 poussait encore plus loin cette logique. Nouveau décor à San Francisco, enquête parallèle avec le détective privé Karim Washington, joué par Kingsley Ben-Adir, puis bascule vers un univers parallèle. Le tout avec un accueil critique solide, 92 % sur Rotten Tomatoes. C’est là que le contraste pique un peu.
Cindy Holland, ex-vice-présidente des contenus originaux de Netflix, a expliqué que les ambitions artistiques de la série compliquaient sa viabilité sur le long terme face aux contraintes financières. Traduction simple, la série coûtait cher à porter dans la durée, surtout avec une vision aussi large.
Une mobilisation rare, presque disproportionnée
Puis il y a eu la réaction. Et là, franchement, peu de séries annulées par Netflix ont provoqué un tel niveau de ferveur.
Le hashtag #SaveTheOA a circulé partout, une pétition a cumulé des centaines de milliers de signatures, des fans ont organisé des flash mobs chorégraphiés, d’autres ont même jeûné devant les locaux californiens de la plateforme. Le soutien a dépassé le cercle des fans, avec Shonda Rhimes et Sam Esmail parmi les voix mobilisées. Résultat ? Aucun revirement.
La porte n’est pas fermée, mais elle reste verrouillée
Aujourd’hui encore, ni les acteurs ni l’équipe créative ne ferment totalement le dossier. Brit Marling dit avoir fait son deuil, tout en restant ouverte à une reprise sous les bonnes conditions. Jason Isaacs, lui, se montre beaucoup plus direct avec « Cette histoire ne peut pas s’arrêter là. »
Mais l’obstacle est concret, les droits appartiennent toujours à Netflix. Des rumeurs parlent de discussions avec d’autres plateformes et l’équipe d’origine, sans rien de confirmé. Du coup, l’espoir existe, oui, mais il reste suspendu à une seule décision, celle de Netflix.
Vos questions, nos réponses
Pourquoi The OA est-elle devenue culte ?
La série a marqué par sa forme autant que par son fond. Elle mélangeait drame, mystère et science-fiction sans suivre une mécanique très classique, avec des ruptures de ton et une narration qui prenait des risques. Ce genre d’objet un peu à part laisse souvent une trace plus forte qu’une série plus lisse.
Que signifie une histoire pensée en cinq parties ?
Cela veut dire que les créateurs n’avaient pas imaginé une suite vague ou improvisée. Brit Marling et Zal Batmanglij voyaient la série comme un ensemble structuré, découpé à l’avance. L’annulation après deux saisons coupe donc un récit qui n’était, en théorie, même pas à mi-parcours.
Les 92 % sur Rotten Tomatoes, c’est vraiment important ?
C’est un bon indicateur de réception critique, pas une garantie de survie. Un score élevé montre que la presse spécialisée a largement soutenu la saison 2. Mais sur une plateforme comme Netflix, la décision dépend aussi du coût, de la capacité à recruter ou retenir des abonnés, et du potentiel sur plusieurs années.
Un retour sur une autre plateforme est-il plausible ?
Sur le principe, oui. En pratique, c’est compliqué tant que Netflix garde les droits. Une autre plateforme ne peut pas reprendre librement l’univers sans accord. C’est pour ça que le dossier reste flou, même si des discussions sont parfois évoquées.