En bref
- HBO peut corriger un oubli des films
- Le miroir devrait montrer toute la famille de Harry
- Ce choix changerait le sens de la scène
Le remake de Harry Potter arrive en décembre sur HBO, et il a un test tout simple pour prouver qu’il ne refait pas juste les films en plus long. Cette preuve, elle tient dans le Miroir du Riséd.
Le remake joue sa crédibilité sur les petits écarts
On savait déjà qu’une saison entière par livre ouvrait plus de place que le cinéma. Avec huit épisodes, la saison 1 peut développer son monde, respirer un peu, et remettre à l’écran des figures coupées jusque-là, comme Peeves ou le professeur Binns à Hogwarts.
Mais il y a plus discret. Et parfois plus intéressant. Le premier film, adapté de Harry Potter and the Sorcerer’s Stone, n’avait pas encore pris de grosses libertés, pourtant il simplifiait déjà certains moments. C’est logique, un long métrage tranche. Une série, elle, n’a plus tout à fait cette excuse.
Le Miroir du Riséd dit plus que « Harry veut revoir ses parents »
Dans le film, quand Harry découvre le miroir, il voit surtout Lily et James. Le point passe très bien. Il a perdu ses parents, il veut cette famille qu’on lui a arrachée, et le spectateur comprend tout de suite.
Dans le livre, l’image est plus chargée. Derrière Lily et James, Harry aperçoit aussi tout un groupe d’ancêtres, des Evans et des Potter sur plusieurs générations. Ils ne font pas grand-chose, ils sourient, ils saluent. Bon, on voit pourquoi le film les a retirés, ça demandait des figurants pour un détail très bref. Mais ce détail n’est pas si petit.
Parce qu’alors, le désir le plus profond de Harry ne se limite plus à revoir ses parents. Il cherche aussi une famille élargie, une place dans une lignée, un sentiment d’appartenance qu’il n’a jamais eu chez les Dursley. Et ça raconte autre chose de son manque, dès le début. Même Ron, dans cette scène, sert à montrer que le miroir touche à des désirs intimes. Pour Harry, cette version plus complète est clairement plus triste, et plus riche.
Une meilleure fidélité, mais aussi une nouvelle zone d’ombre
Inclure tous ces proches aiderait la série à afficher sa fidélité au texte, mais aussi à se distinguer enfin des films de Warner Bros.. C’est important, parce qu’un remake doit apporter autre chose qu’un meilleur habillage.
Reste un problème. Si Harry voit tant de membres de sa famille, où sont-ils tous ? Les livres eux-mêmes ne répondent pas vraiment. Soit le miroir matérialise un désir flou, comme une projection mentale d’un réseau familial qu’il n’a jamais connu. Soit ces personnes existent, et leur absence devient une vraie énigme.
La saison 1 n’aura sans doute pas le temps de creuser ça, même avec ses huit épisodes. Mais c’est précisément le genre de détail qui peut donner une texture nouvelle à Harry Potter, pas juste une copie mieux éclairée.