- HBO multiplie les projets Game of Thrones
- Six spin-offs ont été annulés ou rangés
- Bloodmoon reste le plus gros regret
L’univers de Game of Thrones s’étend, mais il laisse aussi pas mal de fantômes derrière lui. Alors que HBO prépare A Knight of the Seven Kingdoms pour 2026, attend l’arrivée imminente de la saison 3 de House of the Dragon, développe un film sur la Conquête d’Aegon et une série animée autour de Corlys Velaryon, plusieurs pistes ont disparu en route. Et certaines avaient, franchement, un vrai potentiel.
Une franchise qui avance, mais pas dans toutes les directions
Ce mouvement dit quelque chose de simple. HBO ne manque pas d’idées autour de Westeros, mais choisit désormais plus sévèrement ses batailles. Pour chaque projet qui passe le cut, un autre est mis de côté, annulé ou absorbé par une version concurrente.
C’est le cas de la télévision autour d’Aegon Ier Targaryen. Un film sur sa conquête avance chez Warner Bros., ce qui rend très improbable la série développée par Mattson Tomlin. Et ce n’était même pas la première tentative enterrée sur ce sujet.
Le grand regret s’appelle Bloodmoon
S’il faut retenir un abandon vraiment marquant, c’est Bloodmoon. Ce préquel devait raconter le basculement entre l’Âge des Héros et la Longue Nuit, donc un pan presque mythologique de la saga. Sur le papier, difficile de faire plus central pour l’histoire de cet univers.
Le projet allait loin. Jane Goldman était annoncée à l’écriture et au poste de showrunneuse, George R.R. Martin co-produisait, Naomi Watts tenait un rôle majeur, avec aussi Miranda Richardson et Jamie Campbell Bower. Un pilote a même été commandé puis tourné, pour environ 28 à 32 millions d’euros (30 à 35 millions de dollars). Mais ni HBO ni George R.R. Martin n’auraient été totalement convaincus.
Résultat, le projet le plus avancé est aussi celui qui laisse la plus grosse sensation de manque.
Valyria et Jon Snow, les projets à haut risque
Autre monde, autre promesse, La Chute de Valyria. Le script porté par Max Borenstein devait revenir sur la catastrophe volcanique qui a détruit Valyria environ un siècle avant la conquête d’Aegon. Là, on touchait à quelque chose de rare dans la franchise, une tragédie historique à grande échelle, avec en bonus l’origine du statut unique des Targaryen comme derniers Dragonlords survivants à Westeros.
Et puis il y a la série sur Jon Snow, annoncée en 2022 avec le retour prévu de Kit Harington. L’idée avait un intérêt évident, raconter l’après-fin au-delà du Mur et, peut-être, réparer quelques cicatrices de la saison 8. Mais c’était aussi le projet le plus explosif. Revenir après une conclusion aussi contestée pouvait corriger, ou abîmer encore plus, l’héritage de la série mère.
Les idées que HBO pouvait laisser filer sans trop de regrets
Le reste paraît plus fragile. Une série sur Flea Bottom, le quartier le plus pauvre de Port-Réal, pouvait apporter un vrai regard de classe, loin des grandes maisons. Mais sans angle très fort, le risque était évident, soit des enjeux trop modestes, soit un retour forcé aux conflits des puissants.
Le préquel sur les Sept Dieux semblait encore plus délicat. Lever le voile sur des figures censées rester mystérieuses est toujours un pari bancal dans un univers qui vit aussi de ses zones d’ombre.
Quant à la première version d’une série sur la conquête d’Aegon, pensée par Rand Ravich et Far Shariat, elle imaginait un personnage très éloigné du canon, décrit comme un ivrogne brutal. Là, l’abandon paraît plus logique qu’autre chose.
Ce tri raconte surtout une chose. HBO veut encore faire grandir Game of Thrones, mais en resserrant le champ. Et dans une franchise aussi lourde culturellement, les projets qu’on écarte finissent parfois par en dire autant que ceux qu’on garde.