En bref
- The Bear et Jackass partent au bon moment
- Jumanji ressemble fortement à une vraie conclusion
- Toy Story, Scream et Stranger Things s’usent
Savoir finir, c’est devenu presque plus rare que lancer une franchise. Et en 2026, l’écart se voit très bien entre les œuvres qui ferment la porte proprement et celles qui restent coincées dans une logique de marque. C’est là que le sujet devient intéressant pour vous comme pour les studios, parce qu’une suite de trop ne coûte pas seulement de l’argent, elle abîme aussi ce qu’on aimait au départ.
Quand une série sait s’arrêter, ça se voit
Avec The Bear, la télévision gagne une fin qui a du sens. Après cinq saisons, la série boucle ce qu’elle construisait depuis le début, Carmy, joué par Jeremy Allen White, tente de rendre viable un environnement chaotique et émotionnellement cassé, quitte à s’effacer lui-même de la cuisine.
Le basculement vers Sydney, incarnée par Ayo Edebiri, n’a rien d’un gadget. Il prolonge l’idée centrale de la série, se construire malgré le trauma. Oui, la mise en scène est devenue plus stylisée avec le temps, et certaines intrigues secondaires se sont un peu dispersées. Mais The Bear, multi-récompensée aux Emmy, n’a jamais perdu sa pertinence. Et elle laisse même une petite ouverture pour un spin-off autour de Richie, joué par Ebon Moss-Bachrach.
Des adieux plus nets côté cinéma
Sur un tout autre registre, Jackass vient aussi de refermer le dossier avec Jackass: Best and Last. Le plus surprenant n’est pas l’accueil positif des fans, c’est le ton. Le film fonctionne comme une compilation des grands moments, avec de nouveaux numéros, des coulisses et un vrai regard sur plus de vingt ans de chaos. Pas juste une surenchère. Plutôt un adieu, et un adieu assez juste.
Puis il y a Jumanji. Rien n’est confirmé officiellement, mais Jumanji: Open World, attendu en décembre, ressemble fort à une conclusion pensée comme telle. Le changement de logique compte beaucoup, cette fois, le jeu envahit le monde réel au lieu d’aspirer les personnages. La promesse avait déjà été préparée par la scène post-générique de Jumanji: The Next Level. Et après plus de 1,5 milliard de dollars de recettes cumulées pour les précédents volets, soit environ 1,3 milliard d’euros, la franchise peut se permettre une sortie par le haut.
Le vrai problème, c’est la suite par inertie
Le cas de Toy Story est presque douloureux. Toy Story 5 vient de sortir, mais la sensation d’usure est là. Toy Story 3 avait offert une fin parfaite. Toy Story 4 ressemblait déjà à un bonus. Continuer à étirer Woody et Buzz, alors que leurs arcs sur l’identité, le rôle et l’adieu sont bouclés, finit par diluer leur poids émotionnel. Si fin il doit encore y avoir, elle gagnerait à offrir à Bonnie une structure complète, plutôt qu’un prolongement permanent.
Même problème, mais en plus visible, pour Scream. Sept films, un autre déjà confirmé pour 2027 ou 2028, et une formule qui tourne en rond autour d’un nouveau Ghostface à chaque fois. Le film sorti en 2026 est vu comme le plus faible de la série, avec un accueil plus tiède, même s’il a tenu commercialement.
Et Stranger Things n’échappe pas à cette fatigue. Stranger Things: Tales from ’85 reprend en animation des idées très proches de la série d’origine. C’est divertissant, oui, mais l’impression de redite domine. Après près de dix ans de présence culturelle massive, le risque est clair, soit on grossit encore la machine, soit on répète le même conflit. Dans les deux cas, l’impact baisse. C’est souvent comme ça que les franchises cessent d’être des récits pour devenir juste des logos.