Avec X-Men ’97, Marvel souligne encore l’échec d’Apocalypse

Le retour de X-Men ’97 sur Disney+ remet Apocalypse au centre du jeu. Et l’écart avec le film de 2016 saute franchement aux yeux.

X-Men '97
Image d'illustration. X-Men '97 — Marvel / PR-ADN

En bref

  • X-Men ’97 relance fort Apocalypse
  • La saison 2 étale le conflit sur trois époques
  • Le film de 2016 paraît encore plus faible

Le contraste fait mal pour le film de 2016. Avec X-Men ’97, Marvel redonne à Apocalypse une ampleur que les films Fox n’avaient jamais su lui offrir, et ça se voit tout de suite.

Le même méchant, deux résultats opposés

Ce qui frappe, ce n’est pas seulement que la série fonctionne. C’est qu’elle rend X-Men: Apocalypse encore plus gênant avec le recul. Le personnage que les films avaient le plus mal négocié revient aujourd’hui dans un arc télé qui emballe les fans, alors qu’il traîne depuis 2016 l’image d’un gros raté de la saga.

Dans le film signé par Simon Kinberg et Bryan Singer, Oscar Isaac héritait d’un rôle compliqué. Et le pire, clairement, n’était même pas son jeu. C’était ce design, ce maquillage, cette silhouette devenue matière à mèmes et à vidéos, souvent comparée à Ivan Ooze dans Mighty Morphin Power Rangers: The Movie.

Une guerre sur trois époques

La saison 2 de X-Men ’97 a démarré sur Disney+ avec trois épisodes, Days of Past Future, A Force to Be Reckoned With et Rise of Apocalypse. Et la série ne fait pas les choses à moitié.

La dernière fois, les X-Men et leur ennemi Magnéto avaient été projetés à travers le temps. Une partie de l’équipe se retrouve dans l’Égypte antique, vers 3000 avant notre ère. L’autre file dans un futur lointain, en 3960. Point commun entre ces deux périodes, Apocalypse, ce seigneur mutant convaincu que la Terre doit obéir à la loi du plus fort, « Survival of the Fittest ».

Pendant ce temps, dans les années 1990, Nathan Summers, alias Cable, évite que l’absence des X-Men profite à Apocalypse et à ses cavaliers en formant X-Force, une escouade chargée de préserver le futur.

Pourquoi la série réussit là où le film s’est raté

L’intérêt de cette ouverture, c’est qu’elle montre Apocalypse partout à la fois, dans le passé, le présent et le futur. Résultat, on comprend mieux qui il était, ce qu’il devient, et ce qu’il fait au monde.

L’épisode Rise of Apocalypse prend même le temps de revenir sur En Sabah Nur. La série en fait d’abord une figure de révolte contre la brutalité de l’Égypte, avant de montrer comment le pouvoir le fait basculer vers une cruauté semblable à celle de ses oppresseurs. C’est plus nuancé, plus solide, et, bref, bien plus incarné que ce que le cinéma avait proposé.

Un symptôme plus large pour l’ère post-Fox

On connaît l’histoire des X-Men à l’écran, brillante par moments, bancale à d’autres. Le film live de 2000 avec ses combinaisons noires voulait coller au réel, quitte à sembler assez daté aujourd’hui. À l’inverse, X2: X-Men United ou X-Men: Days of Future Past avaient réussi à rendre crédibles Lady Deathstrike, Bishop ou les Sentinelles.

Mais voilà le vrai sujet. En entrant dans une nouvelle phase sous la bannière du Marvel Cinematic Universe, les X-Men révèlent surtout l’écart de finition entre deux époques. Et si X-Men ’97 continue sur cette lancée, la question ne sera plus de savoir si Marvel peut mieux faire que Fox, mais jusqu’où cette relecture peut redéfinir les grands vilains mutants.

Morgan Fromentin

Spécialiste Pop Culture

Depuis 2018, je décrypte l'actualité technologique ainsi que les dernières nouveautés cinéma et séries sur Begeek.fr.

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