Avec Venom, Sony a lancé un univers Marvel qui a vite déraillé

Le pari paraissait étrange dès le départ, il a pourtant rapporté gros. Huit ans après, Venom reste le point de départ d’un univers Marvel déjà rangé au placard.

Venom
Image d'illustration. Venom — Sony Pictures Entertainment / PR-ADN

En bref

  • Venom a lancé l’univers Marvel de Sony.
  • Le film a cartonné malgré des critiques mitigées.
  • La franchise s’est ensuite presque entièrement effondrée.

Faire un film sur Venom sans Spider-Man, sur le papier, c’était presque une blague. Et pourtant, c’est ce pari un peu tordu qui a donné à Sony son seul vrai socle pour bâtir un univers Marvel parallèle au MCU.

Un pari absurde sur le papier, rentable à l’arrivée

Sorti le 5 octobre 2018, Venom confiait à Tom Hardy le rôle d’Eddie Brock dans une version revue des origines du personnage. Exit Spider-Man, donc. À la place, le film transformait Venom en anti-héros, associé à Brock pour affronter Riot, un autre symbiote bien plus dangereux.

Le résultat critique a été mitigé, clairement. Mais au box-office, rien à dire, le film a rapporté environ 788 millions d’euros (856,1 M$), pour un budget estimé à environ 107 millions d’euros (116 M$). Le timing a beaucoup joué : même sans appartenir au MCU, le film profitait de l’élan colossal des productions Marvel à la fin des années 2010.

Quatre tentatives avant d’y arriver

Ce qui a marché en 2018 est en fait la quatrième vraie tentative. Venom traînait dans les cartons depuis les années 1990, à l’époque où New Line Cinema développait déjà un projet autour de lui, avec Carnage dans l’équation.

Après le rachat des droits par Sony, le personnage est finalement apparu au cinéma dans Spider-Man 3, en 2007. Un spin-off a alors été envisagé, puis enterré avec l’abandon de la saga de Sam Raimi. Plus tard, le studio a voulu relancer l’idée dans l’orbite de The Amazing Spider-Man, avant d’annuler encore une fois le projet après la contre-performance de The Amazing Spider-Man 2.

Le succès qui a trompé tout le monde

Là où l’histoire devient intéressante, c’est que Venom n’a pas seulement marché. Il a convaincu Sony qu’un univers entier centré sur les ennemis de Spider-Man pouvait exister sans Spider-Man lui-même. C’était l’idée. L’exécution, elle, a vite montré ses limites.

Venom: Let There Be Carnage, sorti en 2021, a prolongé l’expérience et tenté de se raccrocher au MCU. Sauf que ce lien a été, en gros, à peine pris en compte par Marvel Studios. Et plus les films avançaient, plus l’ensemble donnait l’impression d’une franchise montée par à-coups.

Morbius, Madame Web, Kraven : la chute rapide

Puis la machine s’est enrayée. Morbius a déçu en salles, s’est fait démonter par la critique et a surtout survécu comme mème internet. Madame Web, en 2024, a fait encore pire commercialement. Dans la foulée, Sony a discrètement stoppé des projets annoncés comme El Muerto et Hypno-Hustler.

Il y a bien eu un dernier sursaut avec Venom: The Last Dance, qui a bouclé la trilogie en restant la partie la plus solide de tout cet ensemble. Mais la sortie de Kraven the Hunter, l’un des plus gros flops du studio, a fini de refermer le dossier. Désormais, Sony regarde plutôt vers Spider-Verse et Spider-Noir. Ce basculement dit quelque chose de simple : aujourd’hui, l’avenir de Marvel chez Sony passe moins par les univers partagés que par des projets avec une vraie vision.

Morgan Fromentin

Spécialiste Pop Culture

Depuis 2018, je décrypte l'actualité technologique ainsi que les dernières nouveautés cinéma et séries sur Begeek.fr.

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