En bref
- Le Street Fighter de 1994 arrive sur Tubi
- Le nouveau film sort le 16 octobre
- Raul Julia reste la vraie raison de revoir l’ancien
Trois décennies plus tard, Street Fighter vit un drôle de grand écart. D’un côté, un nouveau film débarquera le 16 octobre avec Noah Centineo, Andrew Koji, Callina Liang, David Dastmalchian, Curtis Jackson et Jason Momoa. De l’autre, la version de 1994 arrive en streaming gratuit sur Tubi, comme un rappel assez brutal de ce que Hollywood faisait aux jeux vidéo avant de comprendre un peu mieux le sujet.
La licence change d’époque, pas son obsession du grand écran
On a pris l’habitude, ces dernières années, de voir des adaptations tenir debout, avec Sonic the Hedgehog côté cinéma ou The Last of Us à la télévision. Dans les années 1990, c’était une autre histoire. Les studios misaient sur des marques énormes venues de Nintendo ou de Sega, sans trouver la bonne forme, ni le bon ton.
Le prochain Street Fighter semble justement vouloir jouer la carte des personnages hauts en couleur, avec une énergie que les premiers retours décrivent comme nostalgique et franchement excessive. L’idée, clairement, est d’aller chercher le terrain occupé récemment par les films Mortal Kombat.
Un carton au box-office, un crash côté réception
Là où l’histoire devient intéressante, c’est que le Street Fighter de 1994 a raté presque tout, sauf sa carrière commerciale. Le film a décroché un très rude 18 % chez les critiques sur Rotten Tomatoes, et à peine 20 % côté public.
Mais il a aussi transformé un budget de 35 millions de dollars, soit environ 32 millions d’euros, en 99 millions de dollars au box-office mondial, soit autour de 91 millions d’euros. Une performance largement portée par l’international. Résultat ? Un échec critique, mais pas un naufrage industriel.
Pourquoi le film s’est autant éloigné du jeu
Le problème n’était pas seulement esthétique. Steven E. de Souza, à la fois scénariste et réalisateur, a laissé de côté le principe central du jeu d’arcade, le tournoi, pour suivre le colonel Guile, joué par Jean-Claude Van Damme, dans une mission de sauvetage à Shadaloo.
Sur le papier, pourquoi pas. À l’écran, ça se complique vite. Dialogues kitsch, intrigue en carton, scènes d’action poussives. Et derrière la caméra, ce n’était pas plus stable, avec des retards de tournage liés aux problèmes personnels de Van Damme et une partie du casting envoyée en formation express aux arts martiaux. On sent le bricolage, presque plan par plan.
Raul Julia, l’exception qui a transformé le ratage en objet culte
Et pourtant, il reste une vraie raison de revoir ce film. Une seule, peut-être, mais elle tient bien l’ensemble. Raul Julia, en M. Bison, livre une performance énorme, théâtrale, complètement excessive, qui a fini par donner au film son statut de ratage culte.
À l’époque, l’acteur luttait contre un cancer de l’estomac en phase terminale. Il apparaissait déjà bien plus fragile que dans le rôle de Gomez Addams quelques années plus tôt, mais il vole quand même chaque scène. Il avait accepté ce personnage pour ses enfants, très fans des jeux Street Fighter. Et c’est sans doute ce qui rend la chose un peu touchante, au milieu du chaos. Si vous voulez mesurer le chemin parcouru par les adaptations de jeux vidéo, c’est un bon point de départ, avant de voir comment David Dastmalchian reprendra Bison au cinéma.