En bref
- Warner Bros. annonce un film pour 2029
- Game of Thrones ressemble déjà à du cinéma
- Le box-office devra battre l’effet streaming
Le pari est presque inversé. D’habitude, le cinéma donne à une série plus d’ampleur. Ici, Game of Thrones a déjà habitué son public à un spectacle massif, cher, très soigné, depuis le canapé. Et c’est justement ce qui peut compliquer la vie du futur film.
Le grand écran arrive tard dans une franchise née pour la télévision
Warner Bros. a calé la sortie du film au 1er juin 2029. Le studio a confié le scénario à Beau Williamson, passé par Andor, et la réalisation à Owen Harris, qui a travaillé sur A Knight of the Seven Kingdoms et Mrs. Davis. Le projet prend la forme d’un préquel centré sur Aegon I, premier seigneur des Sept Royaumes dans l’univers de George R.
R. Martin, et figure fondatrice de la dynastie Targaryen.
Sur le papier, voir Westeros au cinéma a quelque chose d’évident. Sauf que la franchise vit déjà très bien ailleurs. Entre House of the Dragon et A Knight of the Seven Kingdoms, sans parler d’autres dérivés possibles, Game of Thrones s’est installé comme une marque de télévision premium, pas comme une machine pensée d’abord pour les salles.
Le problème n’est pas seulement l’histoire choisie
Il y a aussi la question du sujet. Rafael Motamayor estime que le film adapte la partie la moins excitante de toute cette saga. Rien n’empêche Williamson et Harris d’en tirer quelque chose de plus fort, bien sûr. Mais le point de départ n’aide pas.
Et le vrai mur, c’est l’économie du projet. Un film pareil coûtera forcément très cher, donc il devra faire des chiffres de blockbuster. Or Game of Thrones proposait déjà des batailles géantes et une échelle spectaculaire à la télévision. Les six derniers épisodes de la série coûtaient environ 14 millions d’euros chacun (15 millions de dollars). Pas mal de productions cinéma n’offrent pas un saut si net à l’écran.
Résultat ? Convaincre les fans les plus engagés, sans doute. Faire sortir le public occasionnel, voire des gens qui n’ont pas suivi les séries, c’est une autre histoire.
Le précédent Mandalorian montre le piège du « j’attendrai le streaming »
Le parallèle le plus parlant passe par Star Wars. Disney et Lucasfilm avaient déjà misé très gros sur The Mandalorian au lancement de Disney+, avec là aussi un coût d’environ 14 millions d’euros par épisode (15 millions de dollars) pour garder une finition digne du grand spectacle. La série a très bien marché, surtout sur ses deux premières saisons.
Mais quand Jon Favreau a emmené Mando et Grogu au cinéma, le résultat a été bien plus froid. The Mandalorian and Grogu a rapporté environ 319 millions d’euros (345 millions de dollars) dans le monde, le plus faible score pour un film Star Wars en prises de vues réelles. L’idée était simple, et assez brutale, les spectateurs avaient déjà ce type de spectacle chez eux.
Si le film Game of Thrones, évoqué tour à tour comme Aegon’s Quest et Aegon’s Conquest, reçoit un accueil critique exceptionnel, la tendance peut bouger. Mais il lui faudra clairement ça. Sinon, le risque est connu : un public qui attend tranquillement la mise en streaming. Et pour un studio qui vise l’été 2029, c’est le pire scénario.