En bref
- Netflix propulse The Thicket dans son top 10
- Le western n’avait presque pas existé en salles
- Peter Dinklage brille, Juliette Lewis secoue tout
Le streaming adore ce genre de rattrapage. Sorti sans grand bruit, Du sang dans la neige (The Thicket) s’invite maintenant à la 10e place des films les plus vus sur Netflix. Et si vous l’aviez laissé passer, ce n’est pas très surprenant.
Un film presque raté par le public, puis relancé par Netflix
Produit par Tubi Films, le long-métrage d’Elliott Lester a bien eu droit à une sortie au cinéma. Le problème, c’est la suite, très simple. Peu de promo, donc peu de visibilité.
C’est presque ironique, parce que le film n’a pas été descendu par la critique. Il affiche même 80% sur Rotten Tomatoes. Mais entre une bonne réception et une vraie circulation du film, il y a souvent un gouffre. Netflix, ici, sert de deuxième chance.
Une traque sèche, violente, avec un vrai sens du récit
Adapté du roman éponyme de Joe R. Lansdale, The Thicket suit Jack et Lula Parker, joués par Levon Hawke et Esme Creed-Miles. Après la mort de leur père, emporté par la variole, les deux orphelins partent vivre chez leur tante au Kansas.
Sauf que le trajet bascule. La hors-la-loi Cut-Throat Bill, incarnée par Juliette Lewis, croise leur route avec sa bande, tue leur grand-père, celui qui a légué 700 acres de terres dans le Montana à Jack, puis enlève Lula. Jack engage alors le chasseur de primes Reginald Jones, joué par Peter Dinklage, ainsi que l’entrepreneur de pompes funèbres Eustace Howard, joué par Gbenga Akinnagbe.
Le film ne déroule pas sa chasse à l’homme de façon mécanique. Il glisse quelques virages narratifs, dont l’arrivée d’un autre chasseur de primes, Malachi, campé par Macon Blair, qui veut abattre Bill après le meurtre de son partenaire Simon, joué par James Hetfield.
Dinklage solide, mais Juliette Lewis électrise vraiment le film
On connaît la polyvalence de Peter Dinklage. Entre The Station Agent, Game of Thrones avec huit nominations aux Primetime Emmy Awards et quatre victoires, puis The Toxic Avenger, Cyrano ou encore Three Billboards Outside Ebbing, Missouri, sa trajectoire a rarement suivi une seule ligne. Ici, il apporte une vraie tenue au film, sans en faire trop.
Mais la présence qui accroche, clairement, c’est Juliette Lewis. Le scénario de Chris Kelley donne à chacun son moment, pourtant Cut-Throat Bill reste la figure la plus instable, la plus dangereuse, et aussi la plus abîmée. Le film insiste sur une idée assez rude, les monstres ne naissent pas seuls, on les fabrique aussi.
Pourquoi ce succès tardif compte un peu plus qu’un simple top 10
Ce n’est pas un western euphorique. Pas un film « fun ». C’est un objet bleak, brutal, presque sans air, avec une intégrité froide qui évoque le cinéma de Sam Peckinpah. Du coup, le voir remonter maintenant a quelque chose d’intéressant.
Parce que ce genre de film, sec et peu conciliant, trouve de moins en moins facilement sa place en première exposition. Sur une plateforme géante comme Netflix, il peut enfin rencontrer le public qu’il n’a pas eu au départ. Et ça dit aussi ça, en creux, du streaming actuel, il ne crée pas seulement des hits, il repêche parfois de très bons films laissés sur le bord de la route.