Avec Disclosure Day, Spielberg confirme sa maîtrise du mouvement

Image d'illustration. Disclosure DayUniversal Pictures / PR-ADN
Vendu comme un nouveau film d’aliens, Disclosure Day fonctionne surtout comme une cavale tendue. Et Steven Spielberg y montre, encore, pourquoi il reste à part.
En bref
- Disclosure Day privilégie la cavale au pur récit alien
- Steven Spielberg y confirme sa maîtrise du mouvement
- La lisibilité visuelle fait toute la différence
Le plus intéressant avec Disclosure Day, ce n’est pas seulement son histoire d’extraterrestres. C’est ce qu’il rappelle sur Steven Spielberg lui-même. À savoir qu’il filme le mouvement comme peu de cinéastes avant lui, et que cette qualité change tout quand un film repose sur une fuite permanente.
Un faux film d’aliens, une vraie cavale
Vendu comme un nouveau détour science-fiction signé le réalisateur de Close Encounters of the Third Kind et E.T., le film fonctionne surtout comme un film de poursuite. On y suit Daniel Kellner, lanceur d’alerte incarné par Josh O’Connor, qui tente de révéler l’existence des aliens. Avec sa compagne Jane, jouée par Eve Hewson, et la météorologue médium Margaret Fairchild, interprétée par Emily Blunt, il file d’un lieu à l’autre pour sortir la vérité.
Au centre de l’affaire, il y a WARDEX, entreprise liée au gouvernement américain, qui aurait étouffé la réalité des visites extraterrestres depuis le crash de Roswell. Poussé par l’ancien employé Hugo, joué par Colman Domingo, Daniel Kellner vole une preuve jugée irréfutable. Mauvaise idée pour Noah Scanlon, patron de WARDEX campé par un Colin Firth décrit comme étonnamment inquiétant.
Résultat, le film démarre au milieu de l’action et ne relâche presque jamais la pression.
Pourquoi Spielberg reste à part sur ce terrain
Ce que la source met bien en avant, c’est la précision de Spielberg. Il sait où poser la caméra, comment la faire glisser, et surtout comment guider l’œil du spectateur sans jamais l’écraser sous le découpage. Ses travellings, ses mouvements sur rail, et son sens du blocking, c’est-à-dire la manière d’organiser les corps dans l’espace, travaillent ensemble.
On a donc des scènes rapides, mais jamais illisibles. Et ça, clairement, ce n’est pas un détail.
Une obsession qui traverse toute sa filmographie
Ce n’est d’ailleurs pas neuf chez lui. Duel, The Sugarland Express, Catch Me if You Can, Minority Report, The Adventures of Tintin et même Ready Player One appartiennent à cette veine. Pas toujours avec le même niveau, mais la logique est là.
Même quand il ne signe pas un pur film de cavale, Spielberg glisse des séquences devenues évidentes dans sa mise en scène. Les films Indiana Jones en débordent. Jurassic Park aussi, entre le T. Rex et les vélociraptors qui traquent les héros. Et la source va jusqu’à relever que The Post reprend cette énergie, avec des journalistes courant pour publier la vérité.
Des images lisibles, pas du chaos
L’autre point fort tient à la lisibilité du cadre. Là où beaucoup de productions récentes floutent l’arrière-plan, la source cite notamment les films du MCU, Spielberg préfère les focales larges et une profondeur de champ marquée. En gros, il remplit l’image d’informations au lieu de la simplifier artificiellement.
Dans Disclosure Day, cela se voit autant dans une fuite en voiture qui finit par traverser une maison que dans une séquence autour d’un train lancé à grande vitesse. Le film parle d’aliens, oui. Mais ce qu’il confirme surtout, c’est qu’à l’heure où tant d’action devient interchangeable, Spielberg garde une grammaire visuelle que peu de blockbusters savent encore tenir.