YouTube Music veut enfin signaler les morceaux IA qui polluent tout

YouTube Music ajoute un label pour les titres créés avec l’IA. Une réponse tardive, mais utile, face à l’invasion de faux morceaux sur le streaming.

YouTube Music
Image d'illustration. YouTube Music — Google / PR-ADN

En bref

  • YouTube Music déploie un label pour identifier les morceaux générés par intelligence artificielle.
  • Deezer, Bandcamp, TIDAL et Spotify adoptent chacun des mesures pour encadrer ces contenus.
  • Les plateformes veulent lutter contre le spam musical et protéger les droits des artistes.

Le problème n’est plus marginal. YouTube Music déploie enfin un système pour identifier les morceaux générés par IA, alors que les plateformes de streaming se retrouvent noyées sous des titres fabriqués en quelques minutes. Et oui, il était temps.

YouTube Music mise sur la transparence, pas sur l’interdiction

Concrètement, YouTube va afficher un label visible sur la page de lecture quand une chanson repose largement sur de l’IA générative. Ça vise les cas où la composition, la voix, ou les deux, ont été clairement produits par un outil d’IA.

Si vous touchez ce label, un menu s’ouvre avec plus de détails sur l’origine du morceau. L’idée n’est donc pas de faire disparaître cette musique du service, mais de dire franchement au listener ce qu’il écoute. YouTube précise aussi avoir bossé avec plusieurs partenaires musicaux pour mettre en place ce système d’identification. Bref, on parle d’une mesure de transparence, pas d’un grand ménage.

Les autres plateformes n’attendent pas toutes la même chose de l’IA

Pendant ce temps, d’autres ont déjà sorti l’artillerie. Deezer a été le premier service du genre à lancer un système de marquage des titres IA. Son patron, Alexis Lanternier, défend une ligne assez claire : « L’IA n’est pas intrinsèquement bonne ou mauvaise, mais nous pensons qu’une approche responsable et transparente est essentielle pour instaurer la confiance avec nos utilisateurs et l’industrie musicale ». Il ajoute que Deezer veut aussi protéger les droits des artistes et des auteurs-compositeurs, à un moment où le droit d’auteur est mis sous pression pour entraîner les modèles.

Chez Bandcamp, le curseur est placé bien plus loin. La plateforme écarte les musiques ou contenus audio entièrement, ou en grande partie, créés avec l’IA. Elle interdit aussi l’usage d’outils d’IA pour imiter d’autres artistes ou leurs styles, au nom de ses règles contre l’usurpation et les atteintes à la propriété intellectuelle.

De son côté, TIDAL a coupé la monétisation des morceaux IA. Apple Music a introduit des AI Transparency Tags, fournis par les labels et distributeurs au moment de la mise en ligne. Et Spotify a déjà supprimé plus de 75 millions de titres considérés comme du spam IA. Ça commence à faire beaucoup.

Pourquoi ce sujet devient impossible à ignorer ?

Ce qui se joue ici, ce n’est pas juste une histoire de confort quand vous cherchez un artiste et tombez sur un faux single douteux. C’est une question de confiance, de rémunération, et de droits. Qobuz, par exemple, mise sur un système de détection et retient les royalties des artistes liés à des écoutes frauduleuses.

Et l’usage de l’IA n’a rien d’anecdotique. Une enquête de LANDR montre que 66% des artistes interrogés s’en servent pour des tâches créatives. C’est énorme, et clairement un peu déprimant si on regarde l’état actuel des plateformes. Entre les faux morceaux crédibles, les clones vocaux et le spam industriel, le streaming n’a plus le luxe de faire semblant.

Jordan Servan

Spécialiste Tech

Rédacteur sur Begeek.fr depuis 2014, passionné par les jeux vidéo, les séries TV et le cinéma.

X LinkedIn Tous ses articles →
Une erreur dans cet article ?

Nous apportons le plus grand soin à chaque article et nous appuyons sur des sources fiables. Personne n'est à l'abri d'une erreur : si vous en repérez une, signalez-la, nous la corrigerons au plus vite.

Sujets
IA Musique YouTube

Lisez Begeek en priorité sur Google

Ajoutez-nous à vos sources préférées : nos articles remonteront plus haut dans votre actualité.

Ajouter à mes sources

À découvrir

La suite, sélectionnée pour vous.

Begeek · 15 Oct · 17h00

Test du Razer Barracuda V2 Pro : le casque gaming qui veut aussi sortir de chez vous

Avec le Barracuda V2 Pro, Razer poursuit une idée assez différente de celle de ses casques gaming traditionnels. Plutôt que de concevoir un modèle destiné à rester devant un PC, la marque cherche ici à réunir casque de jeu, casque Bluetooth et compagnon du quotidien dans un seul produit. Cette seconde génération va beaucoup plus loin dans cette direction. Plus léger que le Barracuda Pro original, pliable, doté d’un véritable microphone amovible et capable de recevoir simultanément le son d’une connexion 2,4 GHz et d’un appareil Bluetooth, le Barracuda V2 Pro corrige plusieurs limites de son prédécesseur. Le tout pour 199,99 euros, avec une autonomie annoncée pouvant atteindre 70 heures.