SK Hynix joue l’équilibriste entre la Chine et une usine aux USA

Le groupe coréen chercherait un feu vert américain pour équiper son site chinois, tout en avançant sur une usine aux États-Unis. Le dossier dit beaucoup de la guerre des puces.

SK Hynix
Image d'illustration. SK Hynix — SK Hynix / PR-ADN

En bref

  • Les prix de la mémoire NAND pourraient grimper de 15 à 20 % au quatrième trimestre, portés par la demande liée à l’IA.
  • SK Hynix cherche l’autorisation américaine d’envoyer des équipements vers son usine chinoise de Dalian.
  • Solidigm envisage une usine aux États-Unis et une introduction en Bourse en 2027, avec une valorisation potentielle de 100 milliards de dollars.

La mémoire NAND redevient un point chaud. Avec la ruée sur les data centers IA, tout ce qui touche au stockage grimpe, et TrendForce voit déjà les prix de la NAND monter de 15% à 20% au quatrième trimestre. Pas anodin quand ces puces finissent dans les SSD, les laptops, les smartphones et les serveurs qui font tourner une bonne partie du web.

La NAND est redevenue un sujet brûlant

Ce dossier n’est donc pas juste un épisode de plus dans la guerre des semi-conducteurs. Il touche un composant très concret, partout, et dont la demande accélère fort. Quand les prix du stockage montent, toute la chaîne suit, du matos grand public jusqu’aux grosses machines d’IA. Résultat, la moindre décision sur les équipements de production compte double.

Le vrai nœud, c’est l’usine de Dalian

D’après des informations de Reuters, Solidigm, la branche mémoire flash de SK Hynix, cherche l’accord des États-Unis pour expédier des équipements de fabrication américains vers son site de Dalian, en Chine. L’idée serait d’installer davantage de machines dans l’espace encore disponible de l’usine afin d’augmenter la production de puces NAND.

SK Hynix nuance quand même le tableau. Le groupe a expliqué ne pas vouloir augmenter la capacité de son installation Dalian Mod B, terminée en 2023. Il ajoute que l’installation d’équipements se fait en concertation avec le gouvernement américain et avec son autorisation. Bref, on est sur un dossier ultra encadré, pas sur une extension bricolée dans un coin.

Washington pousse, mais verrouille aussi

Le paradoxe est là. Washington a lancé de vastes restrictions sur les puces avancées et les équipements destinés à la Chine en octobre 2022, puis a encore serré la vis en 2023, au nom de la sécurité nationale. En septembre 2025, l’administration Trump a même supprimé des exemptions spéciales dont profitaient certaines usines chinoises de SK Hynix, Samsung et Intel.

Mais en parallèle, les États-Unis ont accordé à Samsung et SK Hynix une licence annuelle pour envoyer des équipements vers leurs sites chinois. Et ils poussent les groupes étrangers à construire sur le sol américain. En juillet, le secrétaire au Commerce Howard Lutnick disait vouloir voir Samsung et SK Hynix bâtir des usines dans le pays, avec des discussions en cours. Double contrainte, donc.

En toile de fond, le pari américain de Solidigm

C’est là que le dossier devient encore plus intéressant. Solidigm préparerait une usine de puces NAND aux États-Unis, avec le nord de l’État de New York parmi les options étudiées. Et la société viserait aussi une IPO en 2027.

Les montants donnent le ton. Cette introduction en Bourse pourrait lever 10 milliards de dollars et valoriser Solidigm jusqu’à 100 milliards de dollars. Quand un acteur du stockage avance à ce niveau, vous pouvez être sûrs que chaque machine envoyée à Dalian pèse bien plus lourd qu’elle n’en a l’air.

Jordan Servan

Spécialiste Tech

Rédacteur sur Begeek.fr depuis 2014, passionné par les jeux vidéo, les séries TV et le cinéma.

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