En bref
- American Express développe un système pour contrôler les achats réalisés par des agents IA.
- Chaque transaction doit respecter les préférences et les limites définies par le client.
- Cette initiative vise à sécuriser un commerce automatisé en pleine expansion.
Le vrai sujet, ce n’est pas l’IA qui achète pour vous. C’est l’IA qui se plante. Et American Express veut couper court à ça avec son Intent Intelligence Framework, un cadre censé vérifier et authentifier l’intention d’achat d’un client avant qu’un agent IA boucle la transaction.
Amex veut poser les règles avant que le marché dérape
Chez American Express, l’idée est simple sur le papier. Si un agent agit pour un consommateur, les consignes données au départ doivent suivre toute la vie de la transaction, du moment de l’achat jusqu’à ce qui arrive après. Remboursements, contestations, sécurité. Tout.
Hannah Bozian, vice-présidente en charge des partenariats et de la stratégie agentique chez American Express, explique que ces nouvelles transactions impliquent désormais trois acteurs, le consommateur, le marchand et l’agent. L’objectif, selon elle, est de garder une expérience fluide, fiable et sécurisée, conforme à ce que les porteurs de carte attendent.
Ce cadre vient s’ajouter à ACE, le kit développeur lancé en avril dernier par Amex sous le nom Agentic Commerce Experiences. Bref, la boîte ne teste pas juste une idée, elle construit la pile qui va avec.
Le cœur du système, c’est l’intention validée noir sur blanc
Le point de départ, c’est une Create Intent API. Elle récupère les instructions du client et ses contraintes, par exemple le nom du marchand, un budget maximum ou des préférences produit. La collecte peut varier selon le modèle d’IA utilisé, mais Amex dit vouloir un cadre assez souple pour fonctionner avec différents modèles de commerce agentique.
Ensuite, le client confirme son identité et valide l’intention captée par l’agent.
Résultat, un Intent ID est créé, avec un Proof of Intent Token qui contient les grandes contraintes fixées par l’utilisateur. Ce token sert ensuite à obtenir un identifiant de paiement numérique sécurisé, utilisé au moment du checkout à la place du vrai numéro de carte. L’idée est nette, garder l’achat sécurisé tout en restant aligné avec ce que le client a autorisé.
Et ce n’est pas juste pour le paiement. American Express explique que l’Intent ID et le token peuvent aussi servir à la prévention de la fraude ou à la gestion des litiges.
Pourquoi ça compte déjà, même sans explosion des litiges ?
Pour l’instant, American Express dit ne pas avoir constaté de hausse des contestations liées au commerce agentique. Mais la société préfère bouger avant que le volume n’explose. Franchement, sur ce genre de sujet, c’est plutôt bien vu.
Il y a aussi une raison très simple, les consommateurs sont déjà partants. Dans un rapport Amex Trendex, 66% des personnes interrogées aux États-Unis se disent prêtes à utiliser des agents IA pour trouver le meilleur prix d’un produit ou d’un service. Et 61% envisagent de s’en servir pour obtenir des recommandations dans les 12 prochains mois.
Hannah Bozian donne un exemple parlant. Si un client demande des sneakers Nike blanches en taille 42 et que l’agent tente finalement d’acheter des chaussures Adidas, Amex peut bloquer la transaction. Là, on touche le vrai problème.
Un pari sur le futur du commerce agentique
American Express voit déjà plus loin, avec des agents capables de réacheter des produits du quotidien, comme du papier toilette ou de l’essuie-tout, avec peu de contraintes en dehors du prix et du format. Dans ce cas, la vérification automatique devient un filet de sécurité logique. La société ajoute qu’un journal indiquant quel agent a été autorisé, et quand, peut aussi aider en cas de fraude.
Des discussions sont déjà en cours avec des partenaires de l’écosystème des paiements pour déployer ACE, ses tokens agentiques et les autres briques du kit. Et American Express promet de continuer à faire évoluer l’ensemble au fil de la montée du commerce agentique.