Nvidia et les puces IA : un marché noir florissant en Chine

Image d'illustration. NvidiaADN
Un réseau clandestin fait entrer illégalement des puces Nvidia en Chine malgré les sanctions américaines.
Tl;dr
- Près d’un milliard de dollars de puces Nvidia interdites ont été exportées clandestinement vers la Chine.
- Des acteurs locaux utilisent des routes détournées en Asie du Sud-Est pour acheminer ces composants interdits.
- Nvidia rejette toute responsabilité, mais le trafic illégal continue d’alimenter la demande croissante en IA.
Un marché noir prospère autour des puces Nvidia en Chine
Au cœur d’une lutte technologique mondiale, un phénomène prend de l’ampleur : selon le Financial Times, environ 1 milliard de dollars de puces Nvidia dédiées à l’intelligence artificielle auraient discrètement franchi les frontières chinoises, peu après le durcissement des contrôles à l’exportation décrétés par l’administration Trump. Des documents internes, des contrats de vente et plusieurs sources directes cités par le quotidien britannique font état d’un véritable réseau parallèle visant à alimenter la soif technologique locale.
Des circuits alternatifs bien rodés
Derrière ce commerce souterrain, une mosaïque d’acteurs s’est structurée. Les correspondants du Financial Times, présents sur place, décrivent un écosystème mêlant opérateurs de centres de données tiers, intermédiaires discrets et même des serveurs complets prêts à être installés, tous mobilisés pour répondre à la demande insatiable en puces américaines de pointe. Les modèles visés ? Le fameux B200, incontournable dans l’entraînement des modèles d’intelligence artificielle développés par les géants américains, mais aussi les puissants H100 et H200. Autant de produits officiellement prohibés à l’export vers la Chine.
Plus étonnant encore : certains distributeurs n’hésitent pas à publier sur les réseaux sociaux chinois des clichés montrant des racks de serveurs arborant les logos d’acteurs comme Supermicro ou Asus. Ces marques, interrogées par le journal, affirment ignorer comment leurs équipements se sont retrouvés au cœur du marché noir. Le quotidien précise ne leur prêter aucune implication directe.
L’ingéniosité face aux restrictions internationales
Pour contourner ces interdictions américaines, certaines organisations chinoises exploiteraient désormais les failles logistiques offertes par plusieurs pays d’Asie du Sud-Est. Ainsi, expédier ces précieux serveurs vers la Thaïlande ou la Malaisie, avant qu’ils ne prennent la route de la Chine continentale, permettrait d’éviter le couperet réglementaire américain. Cette stratégie n’a pas échappé au Département du Commerce américain, qui réfléchirait à renforcer ses restrictions vers ces nouveaux hubs.
Nvidia tente de se démarquer des soupçons
Du côté du fabricant californien, la ligne est claire. Interrogé par le Financial Times, un porte-parole affirme qu’il n’existe « Aucune preuve d’une quelconque diversion de puces IA ». Nvidia insiste : «Tenter d’assembler des centres de données avec des produits contournés s’avère perdant techniquement comme économiquement. »
Mais face aux marges vertigineuses promises par ce trafic, difficile d’imaginer un tarissement proche. Comme le confie un distributeur local : « L’histoire a prouvé maintes fois que lorsqu’il y a profit à faire, des solutions apparaissent toujours. »