Widow’s Bay saison 2 a déjà trouvé son personnage à creuser

La saison 1 de Widow’s Bay a soigné presque tout son casting. Un second rôle, pourtant, attend encore son vrai épisode, et la fin l’annonce déjà.

Widow’s Bay
Image d'illustration. Widow’s Bay — Apple / PR-ADN

En bref

  • Widow’s Bay mélange horreur et comédie avec précision
  • Dale reste trop discret en saison 1
  • Le final prépare un vrai virage pour lui

Ce qui frappe avec Widow’s Bay, ce n’est pas seulement son mélange de genres. C’est sa capacité à passer d’un frisson très noir à une vraie comédie de bureau sans casser son ton. Et du coup, un effet secondaire apparaît vite, certains personnages existent très bien, d’autres attendent encore leur moment.

Une série qui jongle avec trop de bonnes idées

Chez Apple TV, Widow’s Bay a débarqué sans le bruit de grosses machines, puis la série a trouvé sa place avec une formule franchement rare. On y suit une communauté insulaire supposément hantée, avec un ADN qui rappelle autant David Lynch et Twin Peaks que les livres de Stephen King, sans oublier l’ombre de Mike Flanagan et de Midnight Mass.

Sauf que la série ne se contente pas d’être lugubre. Elle prend l’idée d’une ville maudite et la traite aussi comme une sitcom de travail, quelque part entre Brooklyn Nine-Nine, The Office et Parks and Recreation, où la créatrice Kate Dippold a fait ses armes. Le cœur du concept est là, un maire doit continuer à faire tourner la ville pendant que des créatures surnaturelles rôdent encore dans les rues.

Dale, le discret qui peut enfin sortir du décor

Dans ce dispositif, Tom Loftis, incarné par Matthew Rhys, et son assistante Patricia portent l’essentiel. Ils organisent des événements locaux pendant que des sorcières marines et des tueurs morts-vivants compliquent un peu l’agenda. Forcément, tout le monde ne peut pas avoir la même place.

C’est là que Dale, joué par Jeff Hiller, devient intéressant. Pendant la majeure partie de la saison 1, il reste un employé de bureau jovial, souvent cantonné à lancer des idées rapidement écartées. Pas inutile, mais pas encore central. Puis le final change la lecture du personnage, avec une découverte bien plus sombre qui ouvre clairement la porte à un épisode, voire davantage, centré sur lui en saison 2.

Pourquoi son absence se remarque autant

Le plus parlant, c’est que la saison 1 a déjà très bien servi presque tout le monde autour de lui. Wyck, interprété par Stephen Root, commence comme un pêcheur vétéran pénible pour le maire avant de devenir un allié inattendu, justement parce qu’il avait compris la malédiction de la ville.

Et Patricia ne se résume jamais au rôle de faire-valoir, la série lui consacre même deux épisodes. Même Ruth, la secrétaire âgée et tête en l’air de Tom, prend une importance décisive dans la conclusion. Résultat ? Le retard de Dale saute aux yeux au revisionnage.

Si la saison 2 veut prolonger ce qui fait la force de Widow’s Bay, elle a donc un chantier assez évident. Pas agrandir le chaos, il est déjà là. Mais donner enfin à Dale la vraie lumière narrative que la série semble lui promettre, et voir comment ce genre d’équilibre tient sur la durée.

Morgan Fromentin

Spécialiste Pop Culture

Depuis 2018, je décrypte l'actualité technologique ainsi que les dernières nouveautés cinéma et séries sur Begeek.fr.

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