Uber lève le voile sur son futur service de taxis aériens

Image d'illustration. Uber AirJoby Aviation / PR-ADN
Futuriste et audacieux, Uber Air va réaliser ses premiers essais grandeur nature à Dubaï, la première ville des Émirats arabes unis.
Tl;dr
- D’ici la fin de l’année, Uber Air, le service de taxis volants, débutera à Dubaï via l’application Uber.
- Les véhicules électriques, pilotés par des professionnels, peuvent transporter quatre passagers à 320 km/h sur 160 km.
- Sécurité et coût restent des questions clés, et le déploiement aux États-Unis pourrait être retardé par la réglementation et les prix.
Uber s’envole à Dubaï
Depuis quelques jours, le projet d’Uber de proposer des taxis volants franchit une étape décisive. La firme a dévoilé en avant-première son nouveau service de réservation de taxis aériens, baptisé Uber Air, avec un premier lancement attendu à Dubaï avant la fin de l’année. C’est via l’application habituelle que les voyageurs pourront, comme pour une simple course en voiture, sélectionner la nouvelle option aérienne pour certaines destinations éligibles.
Expérience utilisateur familière, technologie innovante
Concrètement, réserver un vol avec Uber Air suivra le même processus que commander une berline haut-de-gamme sur l’appli. L’itinéraire validé, le trajet intégrera automatiquement une navette terrestre de type Uber Black jusqu’au « vertiport » où attendront les véhicules électriques développés par Joby Aviation. À bord de ces engins futuristes — aussi spacieux qu’un SUV — quatre passagers et leurs bagages profiteront de sièges confortables et de larges baies vitrées panoramiques.
Pour garantir la sécurité, chaque appareil est équipé de quatre batteries indépendantes ainsi que d’un ordinateur de vol triple redondance. Les performances affichées sont notables : jusqu’à 320 km/h et 160 kilomètres d’autonomie. Toutefois, pas question d’autonomie totale : un pilote professionnel sera systématiquement aux commandes.
Sécurité et coût : des interrogations persistantes
Si l’annonce suscite la curiosité, elle soulève également des questions majeures. L’aspect financier interpelle : malgré la présence obligatoire d’un pilote, dont le salaire pèse évidemment plus lourd qu’un chauffeur classique, Uber promet un tarif proche d’une course Uber Black. Certains observateurs restent sceptiques quant à cette promesse.
La sécurité fait aussi débat. Pour Robert Ditchey, spécialiste basé à Los Angeles, ces nouveaux engins seraient intrinsèquement risqués : « Elles sont dangereuses […] atterrir sur des immeubles ou des foules reste problématique ». Il ajoute même qu’à moins d’être subventionnée massivement par les pouvoirs publics, cette technologie ne pourra s’imposer économiquement.
Des ambitions mondiales mais des obstacles aux États-Unis
Pour l’instant, c’est donc à Dubaï que débutera cette expérimentation grandeur nature. Mais Joby Aviation, après avoir racheté en 2021 la division Uber Elevate puis étendu son activité avec l’acquisition du segment passagers de Blade Air Mobility, vise déjà plus loin : la certification FAA est en cours pour un futur déploiement à New York et Los Angeles, ainsi qu’au Royaume-Uni ou au Japon.
Outre-Atlantique cependant, entre lourdeurs réglementaires et inquiétudes sur la sécurité ou les coûts réels, beaucoup jugent prématurée toute généralisation prochaine du service dans les grandes villes américaines. Une chose est sûre : l’image du taxi volant fascine toujours autant qu’elle interroge sur son avenir concret.