En bref
- Ouverture attendue entre 7 et 12 millions d’euros
- Très loin du démarrage de The Social Network
- Le bouche-à-oreille sera décisif
Le cas The Social Reckoning raconte presque autant l’état des salles que le film lui-même. Sur le papier, un drame politique sur Facebook signé Aaron Sorkin, avec un casting qui attire l’œil, coche pas mal de cases. Mais au box-office, l’ambiance est moins flatteuse.
Un démarrage qui change tout
Selon les projections de Box Office Theory, le film de Sony Pictures viserait un lancement domestique compris entre environ 7 et 12 millions d’euros (8 à 13 millions de dollars) le week-end prochain. Avec un point d’équilibre officieux autour de 9 millions d’euros (10 millions de dollars) au démarrage, on est sur une ouverture molle pour un titre aussi exposé.
La comparaison fait mal. The Social Network avait démarré à environ 21 millions d’euros (22,4 millions de dollars) en 2010, avant de finir à environ 207 millions d’euros (225 millions de dollars) dans le monde. Seize ans plus tard, la suite spirituelle part donc avec un handicap clair.
Le monde de 2026 n’est plus celui de 2010
C’est là que le sujet devient intéressant. Le premier film arrivait dans un marché où ce type de drame adulte, prestigieux et bavard, avait encore une vraie place en salles. Depuis la pandémie de 2020, les cinémas n’ont jamais totalement retrouvé leur niveau, et ce sont précisément ces films-là que beaucoup de spectateurs préfèrent désormais attendre en streaming.
Résultat, la carrière en salles ne se joue plus seulement sur le prestige ou les critiques. Elle dépend d’une endurance presque obligatoire. Pour The Social Reckoning, faire bien après le premier week-end n’est pas un bonus, c’est la condition du succès.
Un sujet fort, mais une équation créative différente
Le film suit Frances Haugen, incarnée par Mikey Madison, une ingénieure de Facebook qui s’appuie sur le journaliste du Wall Street Journal Jeff Horwitz, joué par Jeremy Allen White, pour révéler des secrets très sensibles du réseau social. Jeremy Strong reprend aussi le rôle de Mark Zuckerberg, après le refus de retour de Jesse Eisenberg.
Il y a du solide, clairement. Mikey Madison, fraîchement oscarisée pour Anora, a même renoncé à un rôle dans Star Wars: Starfighter pour ce projet. Et Jeremy Allen White sort de cinq saisons de The Bear. Mais un détail compte beaucoup, quand même, derrière la caméra, cette fois ce n’est pas David Fincher. Et ça change la perception du film, autant que son potentiel commercial. Sorkin a déjà réalisé, oui, mais son bilan au box-office reste irrégulier. Molly’s Game avait rapporté seulement environ 54 millions d’euros (59 millions de dollars) pour un budget de 28 millions d’euros (30 millions de dollars).
La vraie bataille se jouera après le premier week-end
La concurrence n’aide pas. Other Mommy devrait très bien marcher en face, alors que Digger, autre prétendant de la saison des prix avec Tom Cruise, semble plutôt parti pour se planter. Bon, cela limite un rival direct, mais ça ne garantit rien.
Si critiques et public soutiennent ce démontage ciné de Facebook, le film peut tenir sur la durée. Sinon, la sanction pourrait tomber vite après sa sortie en salles, fixée au 9 octobre 2026. Et au fond, c’est peut-être ça le vrai test, voir si un grand drame tech peut encore exister au cinéma autrement qu’en prestige culturel.