En bref
- Revoir le premier film peut desservir le nouveau
- The Social Reckoning n’échappe pas à la comparaison
- Aaron Sorkin revient, mais sans l’alchimie d’avant
Revoir The Social Network juste avant The Social Reckoning n’a, visiblement, rien d’une bonne idée. Pas parce que le film de David Fincher aurait vieilli. L’inverse, plutôt. C’est précisément son statut de classique moderne qui rend la comparaison si rude pour le nouveau projet de Aaron Sorkin.
Le piège d’un retour trop chargé
Sur le papier, le flou est presque calculé. The Social Reckoning n’est pas présenté comme une suite directe, mais comme une œuvre compagne de The Social Network. Une nuance intéressante, sauf qu’elle devient vite théorique. Quand le même scénariste revient pour poursuivre le récit bien réel du règne de Mark Zuckerberg et de la pourriture morale associée à Facebook, on comprend pourquoi pas mal de spectateurs y voient, en pratique, une suite.
Et ce n’est pas tout. La promotion joue aussi sur la mémoire du premier film, en rappelant l’imaginaire de sa campagne marketing. Résultat, l’attente ne se contente pas d’être élevée. Elle est cadrée par un souvenir très précis.
Pourquoi la comparaison tourne déjà mal
C’est là que le conseil devient contre-intuitif. Si vous comptiez relancer The Social Network pour vous mettre dans l’ambiance, mieux vaut éviter. Clairement, les premiers retours suggèrent que ce visionnage préparatoire ferait surtout ressortir tout ce que The Social Reckoning n’arrive pas à retrouver.
Le critique Chris Evangelista résume cette impression dans sa critique, en expliquant en substance que Aaron Sorkin n’a pas réussi à recréer cette fameuse étincelle capturée autrefois. Autrement dit, le nouveau film ne profite pas de la comparaison avec The Social Network, il la subit. Et lourdement.
Ce qui manque face au film de Fincher
La déception ne tient pas à un seul détail. Il y a d’abord l’absence de la mise en scène de David Fincher, cette précision froide qui portait le premier film. Il y a aussi le changement d’interprète pour Zuckerberg, désormais joué par Jeremy Strong. Et puis il manque la musique de Trent Reznor et Atticus Ross, un élément loin d’être accessoire tant elle participait à la tension du film original.
Bref, The Social Reckoning n’est pas cette seconde déflagration que certains pouvaient espérer. Mais le plus intéressant est peut-être ailleurs. Ce cas montre à quel point une œuvre peut être piégée par sa propre filiation, surtout quand elle touche à une figure comme Mark Zuckerberg et à l’héritage culturel de The Social Network. Dans ce genre de retour, le passé ne sert pas toujours d’élan. Parfois, il écrase tout le reste.