En bref
- Critiques et public ne voient pas le même film
- Street Fighter obtient un CinemaScore de B-
- Mortal Kombat II reste devant avec un B
Le vrai sujet, ici, ce n’est pas seulement la qualité du nouveau Street Fighter. C’est le fossé, très net, entre ceux qui le jugent et ceux qui l’attendaient. D’un côté, les critiques le démontent. De l’autre, le public suit, au point de transformer son premier week-end en petit cas d’école pour les adaptations de jeux vidéo.
Une réception coupée en deux
Les retours critiques décrivent un film incohérent, parfois puéril, trop excessif pour convaincre au-delà du cercle des fans. Ce n’est pas vraiment une surprise. Les adaptations de jeux vidéo restent souvent évaluées avec des critères qui collent mal à ce qu’elles cherchent à faire, surtout quand elles misent sur le grand spectacle plutôt que sur la finesse.
Chez le public, l’ambiance est presque inverse. Les spectateurs saluent un film fun, violent, nerveux, et surtout fidèle à l’énergie de la série. Sur Rotten Tomatoes, la note public monte à 80 %. Pas mal de spectateurs disent aussi y retrouver la nostalgie qu’ils espéraient, avec Ryu et Ken replacés au centre.
Le record qui en dit long
Il y a quand même un détail assez savoureux. Le nouveau Street Fighter décroche exactement le même CinemaScore que le film de 1994, soit un B-. Même franchise, même note, trente ans plus tard ou presque. Résultat ? Un record interne égalé, pas battu.
Et ce score raconte quelque chose. Il place le film juste en dessous de Mortal Kombat II, qui avait obtenu un B plus tôt cette année. L’écart paraît mince, mais il compte, parce que ce type d’indicateur mesure la réaction immédiate du public à la sortie de la salle. Côté box-office, les projections évoquent un démarrage autour de 29 millions d’euros (31 millions de dollars) sur son premier week-end.
Un film pensé pour les fans, pas pour tout le monde
Le film ne cherche visiblement pas à ratisser large. Là où pas mal d’adaptations tentent d’adoucir leur univers pour séduire les curieux, Street Fighter fait l’inverse. Il met en avant le lore, assume le côté outrancier du jeu et laisse cette identité prendre toute la place.
Le critique Joshua Mbonu résume assez bien le reproche principal. Selon lui, une fois les effets de style passés, le film devient « aussi mal construit et à la limite de l’irritation que la plupart des films de jeux vidéo de bas de gamme, médiocre au mieux, insupportable au pire ». C’est sévère, mais cohérent avec le reste des avis presse.
Le plus intéressant est ailleurs. Street Fighter semble avoir choisi son camp, celui des fans, sans trop se soucier des spectateurs plus occasionnels. À moyen terme, c’est souvent là que se joue l’avenir de ce genre de licence au cinéma, entre fidélité pure et ouverture au grand public.