En bref
- Street Fighter ouvre à environ 46 millions d’euros
- Le budget complique déjà la lecture du démarrage
- Une suite dépendra d’autres revenus aussi
Être numéro un au box-office, c’est bien. Pour Street Fighter, ce n’est pas encore suffisant.
Le nouveau film de Paramount et Legendary, adapté de la saga de Capcom, a démarré à environ 29 millions d’euros (31 millions de dollars) aux États-Unis et environ 18 millions d’euros (20,1 millions de dollars) à l’international, soit un lancement mondial à environ 46 millions d’euros (50,1 millions de dollars). Sur le papier, la photo est correcte, même flatteuse, puisqu’il prend la tête du week-end. Sauf que l’économie d’une franchise ne se juge jamais sur la seule médaille du premier week-end.
Numéro un, oui, mais sans vraie marge
Face à lui, You Can See Everything a surpris avec environ 14 millions d’euros (15 millions de dollars) au démarrage, sans menacer la première place. Donc, d’un point de vue image, Paramount évite le faux départ public. Mais le film de Kitao Sakurai, porté notamment par Andrew Koji, Noah Centineo et Callina Liang, part avec une promesse plus lourde qu’un simple bon week-end.
L’intrigue suit Ryu et Ken Masters, deux combattants séparés que Chun-Li réunit pour le tournoi World Warrior. Derrière ce championnat brutal se cache une conspiration meurtrière. Le cadre est clair, très franchise-ready, et ce n’est pas un hasard.
Le vrai test commence après l’ouverture
Avec un budget annoncé à environ 75 millions d’euros (82 millions de dollars), le film doit viser autour de 189 millions d’euros (205 millions de dollars) dans le monde pour être perçu comme un vrai succès en salles. C’est possible, mais il lui faut de la tenue, ce qu’on appelle des jambes au box-office, et surtout un bouche-à-oreille solide.
Là, c’est plus fragile. Le film affiche 41% d’avis positifs sur Rotten Tomatoes, 79% côté public, et un CinemaScore de B-. Pas catastrophique. Pas enthousiasmant non plus. Même le critique Bill Bria y voyait un film d’arts martiaux coloré, plombé par une impression finale plus amère.
Le meilleur scénario ressemblerait à Bullet Train, sorti en 2022, qui avait ouvert à environ 28 millions d’euros (30 millions de dollars) aux États-Unis avant de grimper à environ 220 millions d’euros (239 millions de dollars) dans le monde, avec un budget comparable de 90 millions de dollars. Le pire regarderait plutôt du côté de Mortal Kombat II, resté à environ 119 millions d’euros (129,5 millions de dollars) mondiaux après un départ domestique plus élevé. En octobre, le terrain R-rated action n’est pas trop encombré, même si l’horreur capte pas mal de regards, avec notamment Clayface chez DC. En novembre, l’arrivée de films comme Godzilla Minus Zero compliquera davantage la donne.
Pourquoi une suite reste possible malgré tout
Et c’est là que le sujet devient intéressant. Street Fighter n’est pas juste un film, c’est une licence qui peut rapporter ailleurs, via le merchandising, la VOD, le streaming ou même un regain d’intérêt pour les jeux Capcom. Bref, une suite ne dépend pas uniquement du box-office.
Ce ne serait pas la première tentative. Le film de 1994 n’avait pas vraiment lancé quoi que ce soit, et celui de 2008, Street Fighter: The Legend of Chun-Li, a surtout laissé un mauvais souvenir industriel. Cette fois, la scène post-générique et la fin ouvrent clairement une porte pour continuer.
Reste un dernier facteur, plus business que cinéma. La fusion entre Warner Bros. Discovery et Paramount est désormais actée, et les nouveaux décideurs chez Skydance pourraient être tentés de garder une franchise de plus dans le portefeuille, à condition que Street Fighter n’explose pas en vol. Vous voyez l’idée, le film ne joue pas seulement sa carrière en salle. Il joue aussi sa valeur comme marque à moyen terme.