En bref
- Une scène coupée expliquait le choix de Picard
- La Prime Directive temporelle devait limiter son retour
- Sans elle, le film paraît illogique
Le plus intéressant, avec Star Trek Generations, c’est que son plus gros trou de scénario n’était pas un oubli total. Il avait été écrit, puis retiré au montage.
Une règle de Star Trek devait verrouiller le voyage
Dans un entretien accordé en 1996, le coscénariste Brannon Braga expliquait qu’une scène précisait pourquoi Jean-Luc Picard ne pouvait pas remonter beaucoup plus loin dans le temps après son passage par le Nexus. L’idée tenait à la Prime Directive temporelle, autrement dit la règle qui interdit de dérégler l’histoire. Plus Picard remontait loin, plus il risquait de casser la chronologie.
Braga reconnaissait même, avec une franchise assez rare, que le film était rempli de trous de scénario. Et il ajoutait que cette explication avait sauté parce qu’elle paraissait trop explicative, un peu ennuyeuse. Mauvais calcul, clairement.
Le Nexus donne un pouvoir immense, puis le film l’utilise au minimum
Le souci vient de la mécanique même du Nexus. Ce ruban d’énergie qui traverse la galaxie aspire James Kirk en 2293 puis Picard en 2371. Comme le temps n’y a plus de sens, les deux hommes s’y croisent malgré 78 ans d’écart entre leurs entrées.
À ce moment-là, Picard tente d’empêcher le docteur Soran, joué par Malcolm McDowell, de détruire un système stellaire pour guider le Nexus jusqu’à lui. Il échoue, rejoint Kirk, le convainc de sortir avec lui, puis les deux reviennent… à peine dix minutes avant la catastrophe.
Et c’est là que ça coince. Si Guinan, incarnée par Whoopi Goldberg, lui explique qu’il peut sortir n’importe où et n’importe quand, pourquoi revenir si tard ? Une heure avant. Douze heures. Un an. Tout paraissait possible.
Le problème dépasse un simple détail de continuité
Cette scène coupée aurait aussi mieux servi le thème du film. Soran lâche d’ailleurs cette phrase, « Le temps est le feu dans lequel nous brûlons », et Generations tourne sans cesse autour du temps qui file. Une discussion sur l’histoire qu’on ne doit pas altérer aurait eu du sens, pas juste une fonction utilitaire.
Mais bon, ce n’est pas le seul faux pli. Les fans ont longtemps démonté le film point par point, du rapt de Geordi La Forge au corps de Kirk laissé sur Veridian III, en passant par cette Enterprise-B miraculeusement seule à portée d’un incident près de la Terre.
Pourquoi cette coupe compte encore aujourd’hui
Le fond du problème, c’est que Star Trek Generations voulait servir de passage de relais entre l’équipage original et celui de The Next Generation. Sauf que ce relais avait, en pratique, déjà eu lieu. La série The Next Generation durait depuis sept ans, et l’équipe historique avait déjà quitté la scène au cinéma en 1991.
Du coup, enlever une scène jugée trop bavarde dans un film déjà fragile, c’était rogner l’ossature. On perdait un peu de rythme, sans doute. On perdait surtout la logique. Et ça dit quelque chose de plus large sur les blockbusters de franchise, quand ils coupent l’explication qui fait tenir tout le reste.