En bref
- Jean Grey débute violemment dans le MCU
- Les auteurs nient toute mort directe
- Un pari important pour les futurs X-Men
Introduire Jean Grey comme ça, c’est tout sauf anodin. Dans Spider-Man: Brand New Day, le MCU ne se contente pas d’ajouter un nouveau visage, il pose un premier jalon très visible pour ses X-Men. Et ce jalon arrive avec un problème assez simple, Jean Grey passe une bonne partie du film à ressembler à une menace qu’on aura du mal à oublier ensuite.
Le long-métrage, porté par Tom Holland, cartonne depuis sa sortie du 31 juillet 2026 et file vers les 2 milliards de dollars, soit environ 1,84 milliard d’euros. Public et critiques ont plutôt suivi, notamment parce que ce volet remet enfin Peter Parker au centre après trois films où il pouvait sembler relégué au second plan. Mais tout ne passe pas pareil. La trajectoire de Jean Grey, jouée par Sadie Sink, reste le point qui accroche.
Le MCU lance ses mutants avec un personnage déjà contesté
Avant la sortie, Marvel a essayé de préserver le secret autour du rôle de Sadie Sink. Une fois le film en salles, il devenait difficile de ne pas comprendre qu’elle incarnait Jean Grey. Choix important, forcément. On parle de l’un des personnages les plus centraux des X-Men, pas d’une silhouette appelée à disparaître après un générique.
Le souci, c’est son entrée. Elle agit en solitaire, mue par un désir de vengeance et par la volonté de libérer sa sœur, retenue par le Department of Damage Control. Sauf que cette mission vire au carnage visuel, avec des bâtiments détruits, des prisonniers relâchés, des Hulks lâchés dans la nature et plusieurs personnes transformées en marionnettes via son contrôle mental.
Les scénaristes défendent une frontière très précise
Côté écriture, Erik Sommers assume l’idée d’une antagoniste redoutable, mais soutient qu’elle n’a techniquement tué personne. En gros, le film veut vous laisser avec l’impression d’un immense chaos sans franchir noir sur blanc la ligne de la mort. C’est habile sur le papier. À l’écran, beaucoup moins.
On ne voit certes aucun décès explicite. Mais un passant new-yorkais est forcé d’avancer au milieu de la circulation, et plusieurs victimes de ses pouvoirs semblent condamnées ou grièvement blessées. Difficile alors d’avaler sans réserve l’argument technique.
Chris McKenna, lui, explique que le film cherchait surtout à coller au regard de Peter Parker, avec une ennemie longtemps mystérieuse et des révélations qui arrivent en même temps pour le héros et le public. L’idée se tient. Elle ne règle pas vraiment le fond.
Un personnage qui fonctionne, mais avec un vrai angle mort
Le moment le plus tordu reste sans doute la scène où Jean Grey prend le contrôle de Michelle « MJ » Jones-Watson, incarnée par Zendaya, puis embrasse Peter Parker en lui faisant croire qu’elle a retrouvé la mémoire de leur relation. Là, on dépasse la simple démonstration de puissance. On touche à une vraie cruauté.
Et pourtant, le personnage finit par marcher, presque. La perte de sa sœur donne une base émotionnelle solide, et le film relie ce manque à celui de Peter Parker comme à celui de Frank Castle, le Punisher joué par Jon Bernthal. Sauf que chez Frank Castle, la violence fait partie du contrat depuis le début. Pour Jean Grey, future pièce majeure du MCU, ce flou moral pèse plus lourd. Ce n’est pas un détail de scénario, c’est déjà une promesse pour la suite.