En bref
- Chameleon a failli entrer dans le film
- Le contrôle mental a mené à Jean Grey
- Kraven bloquait déjà ce personnage
Le plus intéressant avec Spider-Man: Brand New Day, ce n’est pas seulement son carton. C’est le personnage qu’il n’a pas utilisé. Chris McKenna, co-scénariste avec Erik Sommers, raconte qu’un temps, l’équipe a envisagé Chameleon comme premier grand super-vilain du film. Et ce détour avorté explique beaucoup de choses sur la version finale.
Un vilain envisagé, puis écarté en cours de route
Lors de son passage dans le podcast The Q&A de Jeff Goldsmith, Chris McKenna explique que l’équipe butait sur un problème très concret. Comment faire exister Chameleon dans le MCU sans répéter ce qui a déjà été fait avec les Skrulls, et sans retomber sur le vieux truc des masques ? Leur piste, c’était le contrôle mental, utilisé comme moyen de se « déguiser » aux yeux des autres.
L’idée n’était pas mauvaise. Elle avait même un côté tordu assez intéressant pour un film centré sur Peter Parker. Mais un obstacle industriel a coupé court à l’expérience. Le personnage était déjà pris dans un autre projet de Sony Pictures, Kraven the Hunter, où Chameleon existe via le demi-frère de Kraven.
Pourquoi Jean Grey a pris toute la place
Du coup, le concept a survécu, mais pas le personnage. Le contrôle mental a fini par nourrir le rôle de Jean Grey, incarnée par Sadie Sink, dans la version sortie en salles.
Franchement, c’est sans doute le meilleur virage possible. À la place d’un vilain secondaire, Marvel Studios récupère un lien émotionnel et thématique avec les futurs X-Men du MCU, annoncés pour 2028. Et le film gagne autre chose au passage, un miroir entre la solitude de Spider-Man et l’angoisse d’une jeune mutante comme Jean Grey. Un seul film, deux branches de Marvel consolidées. Ce genre de connexion, quand elle est bien exécutée, vaut plus qu’un simple caméo.
Le contexte industriel change tout
Ce choix créatif arrive aussi dans un moment très confortable pour Sony Pictures et Marvel Studios. Spider-Man: Brand New Day a déjà dépassé les 2 milliards au box-office mondial et continue sa course, tout en devenant le plus gros succès de 2026. Pas mal, surtout avec un budget d’environ 203 millions d’euros (225 millions de dollars).
À l’inverse, Kraven the Hunter s’est effondré. Le film n’a rapporté qu’environ 56 millions d’euros (62 millions de dollars) pour un budget de plus de 99 millions d’euros (110 millions de dollars). Sa scène finale teasait pourtant un avenir pour Dmitri Kravinoff, joué par Fred Hechinger, vu aussi dans The White Lotus et la trilogie Fear Street. Sauf que cet avenir s’est arrêté net, avec l’abandon complet de l’univers dérivé autour de Spider-Man.
Et voilà le fond du sujet. Dans les blockbusters connectés, un personnage n’entre pas seulement parce qu’il est connu. Il faut aussi qu’il serve une stratégie de récit plus large, et qu’aucun autre film ne lui coupe l’herbe sous le pied.