En bref
- Pixar annonce son premier film de fantômes
- Ghost Market sortira au cinéma en 2028
- Le projet assume un parfum de Miyazaki
Pixar continue son tour des genres. Après les super-héros, la science-fiction, les monstres, les âmes et l’au-delà, le studio s’attaque cette fois à la ghost story, avec Ghost Market, attendu en 2028. Et ce n’est pas un détail. L’animation a souvent servi de sas d’entrée vers la peur, mais pour Pixar, c’est une première nette sur le terrain du film de fantômes.
Pixar ajoute enfin le récit de fantômes à sa carte
L’annonce est venue de Pete Docter pendant la convention D23. Il a présenté Kyle, un adolescent bavard de Chicago, créateur de contenus, dont les vacances forcées à Hawaï tournent mal, ou bien très bien si vous aimez le paranormal. Parti chercher un snack en pleine nuit, il tombe sur un marché caché au milieu de nulle part et comprend qu’il vient de mettre les pieds à l’intersection des vivants et des morts.
Le lieu s’appelle ‘Ono Market. Rien que le nom donne une couleur précise, plus locale, moins générique qu’un simple décor hanté.
Un teaser qui mélange vlogueur et frissons des années 2000
Dans le teaser, Kyle regarde la caméra et résume le film comme « en gros, c’est une histoire de fantômes affamés », avant de promettre que personne n’en fera des cauchemars pour le reste de sa vie. Évidemment, juste derrière lui, un esprit invisible surgit avec un bol de nouilles. Kyle hurle la date de sortie en s’enfuyant.
Ce petit dispositif dit pas mal de choses. Le personnage est posé d’emblée comme un ado qui se met en scène, mais la caméra à la main rappelle aussi les films de found footage et les émissions paranormales des années 2000. Vous voyez l’idée, enquêter sur un bruit étrange à travers un viseur au lieu de partir en courant. C’est simple, mais plutôt malin.
Entre Miyazaki, folklore asiatique et culture hawaïenne
Aux commandes, on trouve le vétéran de Pixar Trevor Jimenez, nommé aux Oscars. La parenté avec Le Voyage de Chihiro saute aux yeux. Un enfant glisse dans un monde caché peuplé d’esprits, mange une nourriture qui ne lui était pas destinée, puis travaille dans un endroit étrange pour espérer rentrer chez lui.
Mais Ghost Market ne semble pas fuir la comparaison. Il la déplace. Le film mêle un folklore asiatique à la culture hawaïenne du plate-lunch, avec en plus les angoisses d’un ado contemporain. Et cette histoire de cuisine hantée, de courses et de livraisons paranormales ajoute un moteur très concret, presque social, à l’ensemble.
Pourquoi ce choix compte au-delà du film lui-même
L’animation horrifique n’a jamais été un marché de masse permanent, mais elle construit des publics très fidèles. Coraline, Monster House, Paranorman ou L’Étrange Noël de monsieur Jack l’ont montré depuis longtemps.
Chez Disney, il y a aussi un calcul plus large. Le groupe possède le resort Aulani sur l’île d’Oahu, justement là où se cache ‘Ono Market dans le film. Entre Lilo et Stitch, Vaiana et maintenant Ghost Market, la connexion entre cinéma, merchandising et destination touristique devient difficile à rater. Si le film prend, on imagine très bien le stand de plate-lunch dérivé arriver ensuite. Et c’est là que le projet dépasse le simple pari créatif.